Le Régent, la séduction perverse

Le Régent (1674 - 1723) a été un personnage controversé dont le but a été, quoi qu'on en dise, de servir au mieux l'intérêt de la France.
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La régence dura du 2 septembre 1715 au 22 février 1723. Le duc d'Orléans avait 41 ans quand il prit en main la pouvoir ; bien que passionné pour le plaisir, il allait travailler de son mieux à mener les affaires du royaume.

Pour l'intérêt du royaume, le Régent rompt avec le passé

Dévoué à la chose publique, il avait des idées en avance sur son temps et chercha à tempérer l'absolutisme. Il commença par prendre le contre-pied de l'époque précédente. Il rendit au Parlement son droit de remontrances (retiré par Louis XIV), remit en liberté les jansénistes emprisonnés, rappela aux affaires des nobles qui avaient été écartés. Huit conseils furent créés pour remplacer les ministres (conseils de Régence, de Conscience, des Affaires étrangères, de la Guerre, des Finances, du Commerce, de la Marine, du Dedans). Ils furent recrutés dans la haute noblesse. Ce régime, dit polysynodie, fut éphémère : en 1718, la parlement vit son droit de remontrances limité, les conseils disparurent, les fonction des secrétaires d’État et du contrôleur général des Finances furent rétablies comme au temps du roi soleil. Mais les plus graves difficultés auxquelles le Régent se heurta vinrent de la détresse du Trésor. En 1715, la dette publique s'élevait à près de 3 milliards. Le Régent écouta les propositions de l’Écossais Law, qui préconisait l'appel au crédit et le papier-monnaie. Le « système de Law », après un beau départ, aboutit à une banque-route cinq ans plus tard, en 1720.

La politique extérieure

Dans le domaine des relations extérieures, le Régent et son ministre Dubois travaillèrent à maintenir la paix. Toujours en opposition avec la politique de Louis XIV, le duc d'Orléans préconisait un rapprochement avec l'Angleterre et se détournait de l'alliance espagnole. En 1715, il avait décidé de supprimer les droits exorbitants des princes légitimes. Le duc du Maine et son ambitieuse épouse s'abouchèrent alors avec l'ambassadeur espagnol Cellamare pour renverser le Ré »gent. La conspiration fut éventée et la guerre qui éclata contre l'Espagne aboutit au renvoi de l'intrigant ministre de Philippe V, Alberoni en 1719. Entre-temps, Dubois avait signé avec l'Angleterre et la Hollande une Triple-Alliance le 4 janvier 1717, qui allait devenir Quadruple-Alliance le 2 août 1718 par l'entrée de l'Autriche dans la coalition.

Le tandem

En récompense des services rendus, le Régent fit de l'habile Dubois – déjà nommé cardinal – son Premier ministre en 1722. L'année suivante, Louis XV était déclaré majeur. A la mort de Dubois en août 1723, le duc d'Orléans devint lui-même le Premier ministre du tout jeune roi, mais mourut lui aussi brusquement d'une attaque d'apoplexie à Versailles, dans les bras d'une belle amie, le 2 décembre 1723.

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