Nabuchodonosor II et la destruction de Jérusalem

Le destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor est le point de départ d'une longue histoire de diasporas et marque le début de la rédaction de la Bible.
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La destruction de Jérusalem par le roi de Babylone Nabuchodonosor II (630-562 av. notre ère) a été vécue comme un traumatisme par les hébreux qui y ont vu les premiers signes de leur persécution dans l'histoire (réelle et non fictive comme en Égypte). Ainsi, nous raconte à la fois les sources bibliques et babyloniennes, le 16 mars 597 Jérusalem tombe. Elle est détruite et sa population est déportée à Babylone: c'est la première diaspora.

Nabuchodonosor II, un roi puissant

Ce roi doit sa postérité à l'écho que faisait de lui la Bible. Il apparaît à la fois comme un monstre – destructeur du Temple de Salomon –, et un personnage sacré – Babylone et son roi étant les instruments de Dieu. Les descriptions de la ville de Babylone par les historiens antiques, tel Hérodote, étaient jugées trop irréalistes pour donner une image sérieuse du roi. Ce cliché négatif du souverain a donc perduré de l'Antiquité jusqu'à la fin du XIXe siècle et les premières fouilles du site archéologique de Babylone. Là, les fouilleurs découvrent la ville de Nabuchodonosor, son palais et surtout la magnifique porte d'Ishtar. Les relevés sur le terrain confirment en partie les dires d’Hérodote et Nabuchodonosor est enfin réhabilité. Comment en vouloir aux intellectuels du Moyen Age et de la Renaissance d'avoir souri devant les descriptions d'Hérodote: il aura fallu attendre la Londres du XVIIIe siècle pour atteindre une ville de semblable dimension. Nabuchodonosor est donc un roi puissant et bâtisseur. D'où sont venus les premiers heurts avec Jérusalem qui lui ont valu tant de reproches?

Juda, un royaume rebelle

Le roi babylonien est si puissant qu'il impose un tribut aux royaumes limitrophes de son empire. Le royaume de Juda, gouverné par Joaqim, refuse de s'acquitter de sa dette malgré les avertissements du prophète Jérémie qui prédit la destruction de Jérusalem, ainsi que l'exil des juifs. Trop occupé à reformer son armée après sa défaite contre l’Égypte pour le contrôle du Levant, Nabuchodonosor préfère envoyer quelques troupes de Chaldéens, d’Edomites et d’Ammonites pour assiéger la ville. Jérusalem tombe le 16 mars 597, Joaqim meurt et une partie des élites juives est déportée à Babylone.

Malgré l'avertissement, le royaume de Juda se relève et décide encore une fois de se rebeller contre l'influence babylonienne dix ans plus tard. Nabuchodonosor avait pourtant installé un roi qu'il pensait tout dévoué à sa cause: Sédécias (597-587). Celui-ci fomente des révoltes réprouvées par le prophète Ezechiel. La répression est terrible cette fois. Nabuchodonosor fait entièrement brûler Jérusalem et déporte tous les juifs qui sont répartis dans toute la Babylonie. Les fils de Sédécias sont assassinés, lui-même est mutilé et déporté. Ainsi s'achève l'indépendance du royaume de Juda qui ne connaîtra alors, après le retour des populations juives qui reconstruiront Jérusalem, que des protectorats (perses, séleucides, romains...).

La déportation à Babylone a cependant eu des effets positifs pour les hébreux. Outre le fait que les prophètes affirment que la destruction de Jérusalem est une décision divine et que Nabuchodonosor est le bras armé de Dieu, les élites juives vont profiter de leur exil pour mettre par écrit leurs traditions: c'est les premières ébauches de la Bible! En outre, les lettrés auront accès aux bibliothèques babyloniennes et vont reprendre et réinterpréter beaucoup de légendes mésopotamiennes qui seront incorporées au corpus biblique comme le Déluge, la Tour de Babel ou encore le mélange des langues.

Sources:

  • Bible
  • B. André-Salvini, Babylone , Paris, 2009

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