Parménion, général d'Alexandre

Parménion fut un brillant général qui côtoya Philippe, le père, et Alexandre, le fils. Mais ce fut surtout un homme dévoué à sa patrie: la Macédoine.
35

Il existe des oubliés que l'Histoire parvient parfois à remettre à la connaissance des gens. Tel est le cas d'un des généraux d'Alexandre le Grand, le vieux et fidèle Parménion (vers 400 - 330 av. notre ère).

Un général fidèle à la Macédoine

Avant de s'embarquer dans l'immense aventure asiatique auprès d'Alexandre, Parménion est un confident et un des plus fidèles généraux de Philippe de Macédoine. Il apparait comme un redoutable stratège lors des différentes campagnes que Philippe mène en Illyrie et en Thrace pour agrandir le petit royaume de Macédoine. Preuve de son influence et de la confiance que pouvait lui témoigner son roi, il participe activement aux pourparlers de paix et règle parfois les traités en l'absence de son souverain. Suivant le roi dans tous ses projets, Parménion est envoyé en Anatolie afin de préparer la future expédition macédonienne en Asie et libérer quelques cités prêtes à se rebeller contre le joug perse. Il maintient la position de ses armées malgré plusieurs revers face à Memnon, général grec de l'armée de mercenaires au compte du Grand Roi Darius III. C'est à Abydos, petite cité portuaire qui est un pont entre l'orient et l'occident, que Parménion apprend que la Macédoine a un nouveau roi.

Un sage prudent face à la jeunesse insouciante

Alexandre renouvelle sa confiance à Parménion et promeut son fils Philotas parmi les proches de sa garde: les compagnons. Quand Alexandre débarque à Abydos en 334, le vieux Parménion fait déjà figure de vétéran. Il représente dès lors l'âme d'une époque révolue. Face à la fougue de son roi et à la jeunesse de ses généraux et confidents, il apparait comme un vieux radoteur, donneur de leçon. Il est pourtant de toutes les batailles. Il commande notamment l'aile gauche de l'armée lors des chocs d'Issos (333) et de Gaugamèles (331). Avant cette dernière bataille, que le vieux général imagine comme déjà perdue, il conjure son roi d'accepter les traités de paix avec Darius; ce à quoi Alexandre lui rétorque qu'il accepterait... s'il était Parménion!

La disgrâce

La bataille de Gaugamèles sonne comme une disgrâce. En difficulté pendant la bataille, son aile gauche plie et Alexandre doit venir la secourir, l'empêchant de poursuivre Darius qui s'enfuit. Le roi lui tiendra longtemps rigueur de cette déconvenue d'autant que Darius ne se laissera jamais capturer vivant. Les années passent et tandis que le roi s'orientalise, les compagnons de la première heure ainsi que les vétérans critiquent de plus en plus la campagne militaire qui s'éternise. Parménion en fait partie. S'estimant sûrement important et considéré comme un sage, celui-ci n'a pas peur de réprimander Alexandre pour son comportement ce qui déplait beaucoup au conquérant, celui-ci ne supportant plus aucune contradiction. Il est nommé Satrape et est ainsi éloigné des instances dirigeantes de l'armée.

En 330, Parménion est exécuté sur les ordres d'Alexandre après que son fils Philotas ait été déclaré coupable de haute trahison.

Source

Aline Tallet-Bonvalot, Le roman d'Alexandre , GF-Flammarion n°788, 1994

Sur le même sujet