Escort-boy ou le nouveau concept de la femme dite libérée

La femme 2011, qu'elle soit trentenaire ou soixantenaire, ne vit plus comme sa mère et encore moins comme sa grand-mère.
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La femme de 2011 s'assume pleinement dans ses choix, ses désirs et surtout ses plaisirs. Et à cause ou grâce à cette évolution, un nouveau métier voit le jour.

Escort-boy: qu'est ce que c'est ?

Comme son nom l'indique, l' escort , dans sa version homme, joue le rôle d'accompagnateur, le temps d'un week-end ou de quelques heures, lors d'une soirée au théâtre, d'un dîner au restaurant, en tête-à-tête, lors d'un cocktail professionnel ou encore avec les amis ou les relations de la personne qui utilise ses services. Moyennant un tarif assez élevé (une centaine d'euros de l'heure environ), il apporte son charme, à défaut d'une beauté renversante, une présentation plutôt raffinée, est chic et bien élevé et possède une excellente culture générale, voire encore plus. Il est discret (important) et toujours à l'écoute ou, du moins, en donne-t-il l'impression, car c'est un bon comédien ! Il parle au minimum l'anglais et a une garde-robe à la hauteur, car il se doit de séduire sa cliente, s'il veut jouir d'une excellente réputation, le bouche-à-oreille marchant parfaitement dans ce milieu.

Il vient généralement des couches privilégiées de la société. C'est un étudiant qui arrondit ses fins de mois, un jeune cadre "aux dents longues" qui aiment côtoyer des femmes d'affaires dans des lieux agréables et luxueux ou, tout simplement, un homme dont le salaire ne répond pas à ses attentes. Preuve de son talent, il conjugue son métier de jour avec celui de la nuit, sans aucun problème apparent.

La clientèle féminine: qui est-elle?

Le profil-type est la femme de 30 à 40 ans qui réussit professionnellement, célibataire car trop occupée par sa carrière, ou mariée et dont le mari cherche d'autres amusements ailleurs ou encore, juste pour changer d'air.

Plutôt élégante, féminine, cultivée, son pouvoir d'achat est vaste surtout si elle noue des liens d'amitié avec un homme qui lui plaît et auquel, elle fait appel régulièrement. A coup d'environ 800 euros par soir minimum, (entre le tarif de l'escort, le restaurant, le théâtre, le club etc.) on comprend que tout le monde ne peut pas se payer ce genre d'extra qui, il faut en convenir, ne touche qu'une certaine catégorie de femmes aisées.

C'est souvent quelqu'un qui ne veut pas s'attacher, parfois par peur, suite aux déceptions de sa vie sentimentale, mais également avec un désir d'égalité entre elle et l'autre. ( Je paie donc j'ai tous les droits et c'est moi qui décide, un rêve que certaines caressent depuis longtemps)

Premier pas vers la prostitution?

Tout ceci est idyllique lorsque les choses en restent là et elles le sont pour les hommes qui tiennent à garder leur rôle de "chevalier servant". D'autres, plus attirés par l'appât du gain, avouent sans complexe, aimer l'argent et acceptent que leurs relations aillent beaucoup plus loin, entendez sexuellement parlant. Ces pratiques sont, alors, assimilées à la prostitution, mais l'escort refuse ce mot et parle plutôt d'une histoire privée entre deux personnes, car le contrat de départ aussitôt rempli, la prestation financière augmente et reste à sa seule appréciation si sa partenaire en demande plus.

Internet permet cette explosion de la profession qui chaque année s'amplifie dans de fortes proportions. Rien que les recherches sur Google ont progressé de quelques 450 % en 2010.

La loi ne permet pas de s'inscrire dans les nombreux sites qui hébergent cette population particulière, car c'est assimilé, ni plus, ni moins, à du racolage. Les deux principaux contournent l'obstacle en allant à l'étranger, la Hollande pour ne pas la nommer, et ne peuvent, donc, tomber sous le coup de la loi française. Pour les escorts, il suffit de payer ses impôts en bonne et due forme, mais, ils sont probablement, identifiés et fichés comme prostitués.

Au départ, l'idée s'assimile aux célèbres geishas japonaises dont la culture est infinie et dont le rôle est d'offrir leur compagnie à de riches clients pour des sorties en tout bien tout honneur et ce, contrairement, à une théorie injustement répandue selon laquelle ces jeunes femmes sont des péripatéticiennes.

Il y a des débordements partout et peut-être là aussi, mais à priori, le concept est intéressant même si la déviation réelle, pour certains, endommage gravement la notion de base. Enfin, Il ne faut pas oublier que la demande est indéniable et semble, petit à petit, faire son chemin dans les nouvelles tendances du moment.

Sources:

Phénomènes de société. Escort Boy, ils nous disent ce que veulent vraiment les femmes d'Ingrid Zelman. Marie-Claire.

La guerre des sexes : stop de Janine Mossuz-Lavau (Flammarion, collection Café Voltaire)

Quand les femmes paient pour être aimées . M6, dimanche 27 mars 20h45, Zone Interdite , Mélissa Theuriau.

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