Femme de chambre, un métier à haut risque?

Cela sonne un peu comme un gag et pourtant le visage de ce métier, réputé comme tant d'autres, ne sera plus jamais comme avant.
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Depuis quelques mois, les femmes de chambre new-yorkaises se retrouvent sur le devant de la scène sans l’avoir vraiment désiré et pour une affaire qui manque sérieusement de glamour.

De quoi s’agit-il?

L’histoire DSK, indépendamment de son retentissement mondial, met sous le feu des projecteurs une partie du personnel des grands hôtels internationaux.

Jusqu’au 14 mai 2011, rien ne laisse présager que des faits relatés par une Guinéenne de 32 ans, vont mettre le feu au poudre et traîner dans la boue un des hommes les plus puissants de la planète. Et, l’on découvre que ces événements étalés à la une des journaux et des télévisions du monde entier sont parfois le lot de certaines de ces femmes qui exercent une profession réputée difficile.

Le métier de femme de chambre

Le recrutement d’une femme de chambre d’un hôtel quatre ou cinq étoiles est strict à plus d’un égard:

  • Présentation irréprochable: poids, taille, tenue soignée.
  • Maîtrise d’au moins deux langues, dont celle du pays.
  • Qualités premières, politesse, respect du client, assistance.
  • Maîtrise de la fonction, nettoyer, ranger, mise en avant de la présentation de la chambre avec les fleurs, les fruits et le bar, de la salle de bains avec les produits de beauté, le shampooing, le démaquillant et les crèmes de jour et de nuit d’une grande marque, le dentifrice sans oublier une manière élégante de poser le peignoir ou les serviettes sur leur support. Vérification de la bonne marche des lampes et du sèche-cheveux, de la présence du papier à lettres à l’entête de l’hôtel et de la fameuse pancarte “ne pas déranger/ do not disturb”.
  • Rigueur dans le travail, tout doit être impeccable. Il n’y a aucune tolérance possible pour la moindre erreur, ce qui semble tout à fait normal au vu des prix pratiqués pour les chambres qui offrent ces prestations haut de gamme.

Sans être alarmiste, y a-t-il un vrai danger à exercer cette profession?

En dehors des contraintes particulières inhérentes à la fonction, assiste-t-on à une redéfinition du travail à effectuer ? A savoir une prise en compte d’un certain risque à pratiquer le métier ?

Les femmes de chambre présentes le 6 juin dernier, lors de la comparution de Dominique Strauss-Kahn, le pensent puisqu’elles demandent à être équipées d’un système d’appel qu’elles peuvent porter au cou et qui assure un semblant de protection.

L’affaire ne remet pas en cause la présomption d’innocence de l’ancien patron du F.M.I, mais elle attire l’attention sur de possibles débordements, directement liés au sexe ou à une forme de prostitution non consentie imposée par certains habitués des palaces.

Ces abus existent, il n’y a aucun doute là-dessus. Une évidence ressort de ces pratiques. A priori, aujourd’hui, on prend en considération les plaintes émises par cette population de travailleuses qui pendant des années, s’est tue par peur des représailles (loi du silence imposée, licenciement). Il faut bien comprendre que pour ces jeunes femmes, le fait de travailler dans un univers de luxe est une sorte de promotion valorisante. Il vaut mieux travailler dans un 5 étoiles de la Ve Avenue plutôt que dans l'un des innombrables hôtels réputés moins onéreux, autour de Times Square.

La suite: comment juguler de pareils faits?

Seule une protection maximale doit dorénavant aider la femme de chambre à faire son travail dans de bonnes conditions et, non pas, dans une peur éventuelle d’une agression rondement menée.

On ne peut pas demander à celle qui met tout en oeuvre dans la préparation soignée de la suite du client de jouer, en plus, le rôle d’une call-girl de “haute volée”, connue pour ses capacités et son physique avantageux… Ou alors, il s’agit de redéfinir les critères de sélection en y ajoutant d’autres services, certes, réprimés par la loi, mais avec un salaire adéquat. Impossible, évidemment...

Et demain? quelles conséquences?

Est-ce à dire qu’à partir de maintenant, les palaces du monde entier vont avoir de réelles difficultés à trouver un personnel, non seulement qualifié, mais qui accepte de côtoyer les clients dans l’intimité de leur chambre? Va-t-on, subitement, se retrouver devant la pénurie d’une main d’oeuvre de qualité, indispensable à la bonne tenue et la bonne marche de certains établissements? Et cet énorme scandale ne va-t-il pas augmenter les propositions honteuses, voire à peine avouables, que font certains personnages?

Autant de questions sur lesquelles il est bon de réfléchir à l’avenir.

Sources

Le journal d'une femme de chambre d'Octave Mirbeau

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