Le Prêt-à-Porter Automne-Hiver 2011-2012 chez Christian Dior

Les défilés de la Haute Couture sont à peine terminés que, déjà, ceux du prêt-à-porter Automne-Hiver 2011-2012 commencent cette semaine, à Paris.

Il n'y a pas de sur-mesure pour le Prêt-à-porter. Il se décline par tailles, il s'agit de vêtements de confection coupés de manière uniforme, en grande quantité, pour un prix moins onéreux et convenant mieux à une clientèle plus diversifiée. On y trouve cependant une mode chic créée par de grands personnages qui peuplent cet univers magique et dont le talent n'est plus à démontrer.

Au musée Rodin, le défilé Dior sans son directeur artistique

Dernière nouvelle, 1er mars 2011, John Galliano est suspendu de ses fonctions après une altercation à l'encontre d'un couple, dans un bar branché parisien. La maison Christian Dior fait savoir qu'une procédure de licenciement est en cours.

4 mars 2011, 14h30: l'ambiance est inhabituelle pour une présentation de la collection de prêt-à-porter d'un créateur tel que Dior.

Le long podium vide attend ses premiers mannequins, les conversations vont bon train faites de murmures et de chuchotements. Les invités sont assis dans une pièce volontairement sombre, très dépouillée malgré deux énormes lustres dont les papilles en cristal reflètent les lumières dans des couleurs voulues par le couturier.

Le président de Dior Couture, Sidney Toledano, apparaît, un feuillet à la main. Sobrement, en quelques phrases, il donne une explication sur l'absence du designer et sur la décision de la maison vis à vis de cette affaire.

Sur le podium, le spectacle continue...

Le défilé commence sur une musique pop de Jeremy Healy. Le premier mannequin arbore, avec panache, un long manteau en forme de cape sur une veste courte en cuir dont les manches se terminent par une bande de fourrure et qui est portée sur un gilet long. Un chapeau à larges bords retombants et d'immenses cuissardes terminent l'ensemble décliné dans les tons dominants de la collection, noir, bleu pétrole et fuchsia. Il y a, dans cette tenue, beaucoup d'allure et de chic, avec, en plus, ce petit côté mystérieux, cher parfois à Galliano lorsqu'il reste dans une certaine neutralité.

Les tailleurs

Ils sont soit à jupes larges, ou avec de petits shorts ou encore quelques pantalons longs, les hauts sont en tissu, parfois en fourrure, ceinturés ou non. Deux points retiennent l'attention: on s'attache aux longueurs disparates des vêtements mélangés et aux nuances qui les accompagnent. La fourrure, le daim, le lainage, le cuir, la soie et le taffetas forment les matières premières de ces ensembles parfois surprenants, mais toujours harmonieux.

Les robes

Le créateur joue, ici, avec la transparence, des ruchers de mousseline et des volants très présents qui harmonisent la structure du vêtement et mettent en avant la recherche dans un fini impeccable.

On s'arrête sur deux robes de cocktail, l'une au ton doux, sans bretelles, en mousseline de soie blanche, fluide, d'une grande simplicité et de forme un peu trapézoïdale. Elle est enrichie par des chaussures à brides surmontées de nœuds et une semelle compensée qui mettent en valeur le pied. Aucun bijou n'est ajouté à ce modèle qui se suffit à lui-même par sa grâce aérienne.

L'autre, dans une mousseline jaune bouton d'or éclatante, est très près du corps. La jupe de la robe se compose d'un assemblage de volants qui partent de la taille, du plus petit au plus grand, les manches s'arrêtent à mi-coude et laissent deviner le bras par transparence. Le haut est retravaillé en petits plis et un nœud ferme le décolleté, à la fois, sage et plongeant. La robe est portée avec des mi-bottes de cuir fauve et le mannequin, exhibe une seule boucle d'oreille tombante qui renforce le style exceptionnel de cet habit parure.

Les détails qui font la différence

Les sacs sont imposants, les longues bottes à l'honneur et les chaussures à talons ont souvent une semelle compensée.

On remarque de larges écharpes de fourrure, autour du cou, en guise de bijoux, ces derniers étant d'une grande sobriété lorsqu'ils sont présents. Les ongles sont vernis dans une teinte foncée, le maquillage et les coiffures crantées ont un style volontairement austère, l'idée étant d'attirer l'œil sur la richesse des vêtements.

Le choix des couleurs est, comme toujours, époustouflant, Galliano est un maître en matière d'assemblage de tons, Il joue avec les teintes tel un peintre dont la palette est infinie et surprenante.

Pour la fin du show, une fois n'est pas coutume, des applaudissements nourris à l'encontre d'une trentaine de couturières, petites mains et modélistes, venus saluer en blouse blanche, mettent à l'honneur cette main d'œuvre d'exception . Ils sont, pour la plupart, de véritables artistes de la matière et du beau.

Sur le même sujet