Analyser la valeur du produit pour économiser sur sa fabrication

L'analyse de la valeur est une démarche qui crée des économies de fabrication et gonfle les bénéfices sans nuire à la satisfaction client, ni à la qualité.

L’analyse de la valeur a pour objectif de parvenir à fabriquer un produit pour le prix de vente que le consommateur acceptera de payer. Ce prix est déterminé par des enquêtes et des observations de panels mené par le service de gestion des relations clients (GRC) . Il permet de maintenir une qualité suffisante pour satisfaire le client. Le bénéfice sera toujours plus grand sur un produit de luxe (ou à la mode), que sur un utilitaire.

Un produit conçu sans analyse de la valeur entraîne 80% de coûts inutiles

A l’inverse de la conception traditionnelle où prix de revient + bénéfice => prix de vente,

nous avons ici prix de vente => bénéfice => prix de revient obligé.

Ainsi, tous les éléments jouant sur le coût du produit fini sont analysés afin d’en déterminer le coût et l’indispensabilité. Sans cette analyse, la fabrication d’un produit comprend 80 % de coûts inutiles (complexité, différenciation, perfection, finitions, déchets, rebuts).

L’analyse de la valeur se fait en deux temps : une phase où le projet trop cher est décomposé et une phase où il est reconstruit en le faisant correspondre à la fois aux critères de la demande et aux contraintes de la fabrication

La phase d’autopsie du produit trop cher (créativité divergente)

  1. Qu'est-ce que c'est ?Un produit courant, de grande consommation comme un vase ?Un sous ensemble (un ressort) ?Un produit complexe (un moteur) ?
  2. Combien ça coûte ?Le coût se compose de trois éléments dont il faut déterminer les quantités ou le temps d’utilisation :Coût des matières premières (matières brutes, matières usinées, produits finis : sous ensemble)Coût de la main d'œuvre (salaires des opérateurs)Coût des frais généraux (salaires indirects : encadrement, entretien, commissionnaire, magasinier ; énergie, loyers, taxes, assurances, frais d’entretien et de réparation) L'analyse démontre souvent qu'il est moins onéreux d'acheter certaines pièces plutôt que de les fabriquer.
  3. Combien de pièces comprend-il ?Il faut décompter absolument toutes les pièces nécessaires à sa réalisation y compris les pièces de ses sous ensembles. L'économie pourra porter sur le nombre de pièces comme sur le temps et la complexité de l'assemblage. Ce n'est pas la suppression des pièces les plus chère qui fera gagner de l'argent, ce sont souvent celles qui sont indispensables. Mais les petits accessoires pourront être supprimés ou être de moins bonne qualité, sans conséquences.
  4. A quoi sert-il ?Il s'agit d'énumérer les fonctions du produit (un réfrigérateur refroidit), mais aussi celles des composants et les fonctions annexes (contenir des bouteilles, des légumes, faire des glaçons…).
  5. Combien faut-il en produire ?Ce sont les chargés de relation clientèle qui, en tenant compte du marché actuel et du marché prévisionnel vont pouvoir répondre à cette question. Un besoin, une mode sont-ils en train de poindre ? Suffit-il d’une petite touche pour donner une deuxième vie à un produit vieillissant ? Est-ce le moment de réhabiliter un produit ancien ? Si le produit doit être produit en quantité, une petite économie de quelques centimes réalisée sur un seul composant peut gonfler les bénéfices. Inversement, les frais d’analyse de la valeur eux-mêmes vont grever les bénéfices ou faire monter le prix de vente et nuire à la distribution.
  6. Quelle est sa fonction primaire ?Il est important d’établir quelle fonction ne doit pas être altérée. Là il faut raisonner en consommateur. Si pour le fabricant un réfrigérateur produit du froid, pour le consommateur il conserve les aliments. Cette fonction-là doit être conservée au moindre coût.

La phase de reconstruction d'un produit à la juste valeur (créativité convergente)

  1. Quels sont les autres moyens de réaliser la fonction primaire de notre produit ?Cette phase consiste en un remue-méninges destiné à trouver le maximum d’autres moyens de réaliser la fonction primaire.
  2. À quel coût ?À ce stade, les facteurs ne sont pas tous certains, mais l’estimation d’un prix de revient-usine approximatif permet déjà de distinguer les idées raisonnables. Il s'agit donc d'étudier la valeur des coûts des nouveaux moyens proposés comme les coûts du projet initial ont été étudiés.
  3. Quels sont les plus avantageux ?Parmi les moyens proposés dont le coût a été évalué, lesquels sont le mieux placés par le ratio : bonne valeur = mini coût/maxi usage
  4. Quels choix retenir ?En fonction des analyses des chargés de relation clientèle, il faudra décider que retenir quand :les coûts ont été fortement diminués en gardant la même valeur d'usage,les coûts sont constant et la valeur d'usage est considérablement augmentée,les coûts sont accrus mais la valeur d'usage est décuplée.
  5. Quelles fonctions secondaires garder ?A-t-on les moyens de garder les fonctions secondaires ? Pour chacune de celle-ci il faudra se de mander si on a les moyens de l’optimiser ou s’il vaut mieux la supprimer.
  6. Comment convaincre décisionnaires et clients ?Prouver l’économie chiffre en main, et les intentions d’achats par une enquête de consommation. Puis décider d'une campagne de communication.

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