Comment lutter contre le stress au travail ?

Difficile de lutter contre le stress au travail qui envahit l'Europe car il a pour cause le rythme de nos entreprises du début du XXIe siècle.

Le stress au travail est une grande préoccupation européenne actuelle car un salarié sur cinq en est victime, dépressif, porteur de maladies psychosomatiques voire suicidaire. Seule un changement de mentalités pourra entraîner la réorganisation des entreprises capable d'éradiquer cette calamité moderne.

C’est l’excès de stress qui est nuisible

Le stress est ce qui nous « émeut », autrement dit ce qui met notre conscience en mouvement ; ce qui fait que nous donnons la bonne réponse à un stimulus agréable ou désagréable. Nous avons besoin de stress pour être actif en ce monde. Quand ce stress est présent en excès, voire permanent, nos réponses s’embrouillent. Nous confondons ce qui nous est plaisant et ce qui nous énerve. Nous ne donnons plus aux stimuli la réponse qui maintient notre équilibre mental.

D’abord une phase d’alarme

Le stress est lié au mécanisme de notre horloge biologique. Plus prosaïquement, le stimulus nous fait sécréter en quantité plus importante une certaine hormone qui conduit le message à notre conscience. Plus les stimuli sont nombreux et violents, plus les sécrétions d’hormones sont massives. Notre horloge biologique se dérègle et notre corps reçoit une alarme : nous nous sentons fatigués, insatisfaits, frustrés.

Nous tenons rarement compte de cette alarme. Nous nous croyons plus forts. Notre hiérarchie ou simplement notre milieu professionnel nous pousse à aller de l’avant, à «nous dépasser».

Ensuite une phase d’adaptation

Nous parvenons effectivement à nous dépasser. Nous sécrétons de plus en plus d’hormones et celles-ci nous permettent provisoirement de nous adapter. Nous pensons avoir réussi à repousser nos limites et nous en sommes fiers.

Mais nos proches nous trouvent changés : insensibles, nerveux, irritables, sarcastiques, agressifs ou bizarrement euphoriques.

Enfin une phase d’épuisement et la dépression

Nous croyons être devenus plus fort alors que notre métabolisme se dérègle et que notre organisme accoutumé aux doses massives d’hormones en tous genres qui ne peuvent plus être augmentées, s’épuise.

C’est là que nous nous sentons emportés dans une spirale négative. C’est là que le premier facteur de stress nous fait « craquer ». C’est là que nous sommes une proie pour les harceleurs, ceux qui nous dispensent alternativement des signes de sympathie et des signes d’aversion. C’est là que nous sommes prêts à sombrer dans la dépression, maladie légitime pour laquelle nous nous sentons néanmoins coupables car elle ne fait que donner en spectacle ce que nous pensons être notre faiblesse et notre échec.

C’est à ce moment-là que certains se suicident ou tentent de le faire.

Après la maladie psychique, la maladie physique

Sécrétées en excès, nos hormones de défense agressent notre organisme et provoquent des maladies physiques. La plus connue (voire la seule reconnue) est l’ulcère de l’estomac, mais des maux de dos, des infarctus, des cancers sont selon certains médecins la conséquence de l’excès de stress.

Trop de gens au XXIe siècle sont fatigués en excès dès leur lever, ils ont l’impression d’avoir mal partout. On appelle cela fibromyalgie sans trop savoir d’où cela vient ni comment cela se soigne. Le constat est cependant fait qu’il s’agit en majorité de personnes stressées.

Le stress en lui-même ne tue pas, mais son excès peut causer des maladies (notamment cardiaques) qui peuvent être mortelles. Les Américains appellent cela le «break-down» et les Japonais le «Karôshi » (mort par excès de travail).

Seule une révolution des mentalités de l’entreprise pourra réduire le stress au travail

La personne qui ressent cette pression ne peut que fuir quand il est temps. Mais comment fuir son travail à une époque où il est si difficile à trouver ? Le seul moyen de réduire cet excès de stress et ses conséquences et de modifier les mentalités qui se sont installées dans les entreprises. On ne peut demander toujours plus ; on ne peut pas faire toujours plus en toujours moins de temps : les objectifs de managements doivent être qualitatifs et non pas exclusivement quantitatifs.

De grandes entreprise s ont compris que l’être humain était beaucoup plus rentable lorsqu’il n’était pas stressé. Elles ont mis en place des horaires adaptés aux rythmes biologiques, offrent des salles de détente et des salles de sport, des crèches, des services pratiques (pressing, courses de base, crèche…) proposent des postes haut placés en télétravail dès que la présence n’est pas indispensable sur place. Mais il sera difficile de réformer toute une mentalité qui mesure le travail à la quantité de temps de présence et non pas aux résultats qualitatifs obtenus.

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