Imaginales, capitales de l'image à Epinal pour Festival génial ?

Quand les grandes Lettres de l'imaginaire s'invitent dans la capitale mythique de l'image d'Epinal, l'univers du rêve multiplie les rendez-vous...

Le gotha des auteurs, illustrateurs, éditeurs, animateurs, circasiens, partageurs et associés en rêves se rassemble pour leur 10ème édition entre le 26 et le 29 mai.

C’est à quelques centaines de mètres de l’Imagerie d’Epinal , à plusieurs siècles de la fabrique des premières images colportées que se tiennent 4 jours oniriques d’Imaginales.

Le rêve, une culture

Les Imaginales , un festival de productions qui s’inventent des mondes, des héros, des histoires et la convocation du tout imaginaire, entre livres, écran et spectacle vivant.

Le rêve est une culture : les «Aventuriers» devenus « Messagers du rêve » vous le déclarent depuis 1986 sur leur forum actif ou dans leur club basé sur l’une des collines de la ville.

Adrénaline et endorphines mêlées, les littératures ou scénarios qui laissent libre cours à l’imagination, la vision du merveilleux et l’épreuve pour parvenir au bonheur ne cessent de se développer.

Créées à des époques plus ou moins récentes, elles proposent l’éventail large de la BD, de la science-fiction, du fantastique et de la « Fantasy» : que leurs héros soient tirés des temps les plus reculés, du moyen-âge ou de la contemporanéité (avec le genre «Fantasie urbaine »).

Un besoin d’exploits ?

Notre époque est-elle en manque de héros ou d'avatars ? Court-elle après le récit épique, les surhommes tout neufs, les néo-légendes ?

A en croire les lecteurs ou le public présent au cœur des cafés littéraires, sous les chapiteaux des «Jeux ou Récits de l’imaginaire» des «Magic Mirrors», l’engouement est fort.

Notre siècle semble subir ou jouir de la fascination des périls, de la sagesse des monstres, et de l’intrusion des forces occultes.

L’auteur révèle, le lecteur ou l’auditeur caresse de bien curieux écrits à relents de «Grimoires».

«Fantasie », l’imaginaire à plein

Des terres d’Antiquité aux confins de la Barbarie, les récits empruntent les chemins réinventés de la chronique historicisante : le pouvoir, le chaos, l’obscurantisme et les «philosophes des lumières » s’y côtoient.

Le terme français de «Fantasie» apparaît en 2007, au journal officiel : on recherchera mille et une origines, jusqu’aux orientales. Elle se distingue du fantastique dans la mesure où elle concilie magie et irrationnel, mais en exclut l’aspect épouvante et réinvente des mythes sur d’anciennes survivances

«La période à laquelle les critiques s'accordent tous à voir naître la fantasy est le XIXe siècle, avec l'auteur écossais George MacDonald (Phantastes en 1858, The Princess and the Goblin en 1872) ou encore avec l'écrivain, peintre et architecte William Morris ( The Wood Beyond the World en 1894) dont l'œuvre a influencé Tolkien.»

L’ image mythique recto /verso

Les expériences d’écriture s’osent, s’essaient, s’aventurent …

Le concept s’inverse : le récit va partir d’un élément musical, graphique, plastique, pour se transcrire en mots… Une collection à ses débuts, collection Petite Bulle d'Univers , une édition qui prend des risques : car il est difficile d’inverser les a priori.

« Cette collection de nouvelles graphiques a été imaginée par un collectif (peintre, graphiste, plasticien, photographe, écrivain...), amis de longue date, qui s'investissent passionnément pour alimenter cette belle aventure ».

Et, pour le reste, les éditions sont internationales et viennent des capitales francophones bien connues de la BD, de la Fantasy et du Fantastique. Mais les auteurs sont rarement mosellans, comme Pierre Pelot.

La marraine des Imaginales est américaine, Robin Hobb, au nom prédestiné à l’écriture buissonnière… Avec ses dragons et ses eaux magiques, elle campe sous la Bulle du Livre, depuis la naissance du Festival.

Les libraires organisateurs se déplacent de la vallée aux monts des Vosges – Le Neuf de Saint Dié au Moulin des Lettres spinalien - et poussent leurs antennes entre Alsace et Lorraine.

Les bars investis, tout comme les galeries distillent leurs histoires à rêver debout.

Animales ou imaginales ?

Il semblerait que depuis 5 ans, l’idée du spectacle vivant, animé par le monde complémentaire de plasticiens, de comédiens, de danseurs et de circasiens fasse son chemin dans les arcanes de l’imaginaire.

S’il est aisé de crayonner un personnage de légende, issu direct de « la fée du logis » (l’imagination), de le transformer, de lui donner des dimensions inhabituelles… c’est bien sur un plateau de scène que surgissent les difficultés.

Parades, animations de rue, sagas entre créatures et géants inspirent la Compagnie Tibodypaint. Les «Folmaloïdes » envahissent et nourrissent leurs « Animarues». Avec des acrobaties, la succession silencieuse des vignettes de BD en 3D !

Un concept nouveau, qui n’entre pas toujours dans les schémas de la représentation courante, ni dans les dimensions des théâtres habituels : avec le feu, les échasses, les courses-poursuites et les cavalcades.

Dans ceux de l’imagination libre ? à coup sûr, qu’ils pénètrent.

Des œuvres vivantes que ces personnages dont le corps peint par un artiste plasticien chevauche des chimères ?

Les Imaginales, de l’humour ?

Auteurs, illustrateurs, animateurs n’en manquent pas : ils regorgent d’humour.

Prendre son temps, vivre la convivialité. Invités et public partagent le même monde, sans mettre de barrière : l’illustrateur Fabien Fernandez semble s’être acclimaté à cet espace hors du temps où chacun vient dialoguer autour d’une dédicace illustrée.

Michel Rozenberg entame son prochain roman fantastique avec vous, là … au pied levé, en s’appuyant sur les éléments que vous lui fournissez : ce que vous portez, la question que vous lui posez, etc.

Les oreilles bourdonnantes de chroniques, les yeux aux couleurs de mirages inconnus, et le sourire à partager : car il semblerait que la littérature de l’imaginaire c’est cette connivence d’enfant, cette délicatesse de l’art…

Les Imaginales ? c’est tout ça, le dépaysement, l’ailleurs… la peinture de l’éphémère : la nudité parée des couleurs du peintre, pour un temps, le temps d’un spectacle…

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