Kayak dans les Vosges : loisir nautique à Charmes

Les Vosges, ses sources, ses ruisseaux... l'indubitable légèreté kayak se conforte quand les Carpiniens pagaient joyeusement au fil des eaux vives

Pour se remettre les pieds à la fraîche, pour rompre avec un printemps qui se voudrait des allures estivales, dans cette région est de la France, particulièrement caniculaire ces derniers temps, tout sport nautique semble avoir la cote. La journée « portes ouvertes » à Charmes s’avère la bienvenue, auprès des familles de la région.

Sport familial pour saison inouïe

Avec son origine esquimaude « qajak », le kayak vosgien possède en commun avec sa branche inuit une longue saison blanche de neige qui commence souvent tôt et s’arrête plus ou moins à Pâques… La mi-mai étant fréquemment marquée par ces gelées nocturnes des « Saints de glace ».

Cette année, donc, exception : ru, saignée, rigoles présentent de basses eaux …

Le moindre semblant de plan aquatique est investi pour un des week-ends les plus étouffants. La soirée familiale se prolongera tardivement pour campeurs saisonniers ou ponctuels.

Car autour de l’activité kayak, dans la petite ville de Charmes, c’est « goûter l’eau » sans risque qui attire les familles. La base nautique est au cœur de la cité, le pont relie ville-haute et ville-basse.

La tradition des eaux

La région ! une région verte, particulièrement bruissante en cascatelles et écoulements de toutes sortes. Presque en permanence, environ les deux tiers de l’année, la campagne est loin d’être silencieuse et s’épanche en murmures d’ondes.

La plupart des villages sont agrémentés de fontaines et de lavoirs – maintenant désaffectés dans leur fonction primitive-, mais ornementaux et réaménagés, pour valoriser les sites. Ils témoignent de cette tradition de l’eau. Sources, thermes, embouteillage, papeterie, industries du bois, en fonctionnement plus ou moins ralenti, mais en activités encore persistantes.

Mais aussi survivances de ces industries alimentées en eau : teintureries, brasseries et autres occupations alimentaires ou métallurgiques, hélas, réduites en friches.

Une autre ligne bleue, - hydrographique celle-la, véritable château d’eau , réseau inépuisable, semble-t-il encore maintenant, des ressources en eau surabondantes avec une météo souvent diluvienne -, anime le territoire.

Slaloms sur courants

C’est que la tradition des « champs golots » est là pour le rappeler : « les champs qui coulent ». Et elle vient redonner vie aux villages grelottants l’hiver. S’ils perpétuent nostalgiquement cette coutume des petits navires de papier avec chandelle, symbole du renouveau printanier, les Vosgiens jouent des rames.

Portes ouvertes pour ces portiques qui balisent les courses slalom en kayak : vertes pour descendre le courant, rouges pour le remonter. Ruisselets, confluents, des collines aux vallons, le courant passe. Finie la période de l’entraînement hivernal en piscine, le plein air, enfin pour les kayakistes !

Le club de Kayak, CKPC, « Canöe Kayak du Pays de Charmes » n’a que 4 ans d’existence et se lance depuis deux, dans cette opération fluviatile qui invite à faire trempette.

Tout dépend de l’âge des initiés et de leur capacité (savent nager ou non) à maîtriser l’engin : un parcours adapté est en place.

Accessible à tous, car les conditions de sécurité (encadrement, postes de secours, présence des pompiers, gilets) sont respectées efficacement : un sport d’eau douce, dans presque tous les sens du terme.

Portes ouvertes sur la nature

Sur la Moselle, le long du canal du Moulin, en bord de port de plaisance, de rivage de camping-car, le contact avec la nature.

Un arboretum tout près. Mais aussi la découverte d’un de ces rares lieux où les castors se seraient réimplantés. On parlerait même d’écosystème protégé.

Et si pour la balade flottante, ce n’est pas totalement imperméable et qu’il faille prévoir le change, les pagaies dégouttant avec modération, on assure que l’environnement n’est pas pollué et que la journée peut s’achever par la baignade.

Alors, tout ceci explique peut-être que l’affluence ait doublé cette année. Une base en plein centre-ville, à portée de tous. Prendre l’air, se mesurer aux flots, festoyer, l’activité de fin de semaine par excellence, où les générations sont mêlées et entretiennent un retour à la nature.

L’équipe va-t-elle « faire une chandelle » pour marquer le coup ?

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