La mobilité des jeunes vers l'étranger en question

On reproche parfois aux jeunes de ne pas vouloir bouger. Pourtant, certains n'hésitent pas à se déplacer pour trouver un stage ou un emploi.

Avec l'appui de la Mission locale, dix-neuf jeunes de Mantes-la-Jolie et des environs n'ont pas hésité à quitter le cocon familial.

"Nous sommes partis de la demande des jeunes, explique Cécile Lainel, la directrice adjointe. Au départ, nous avions une soixantaine de candidats mais certains se sont découragés devant les difficultés. Malgré tout, cette expérience les a fait mûrir."

La Mission locale a pour tâche d'accompagner les jeunes tout au long de leurs préparatifs. Des entretiens, seuls ou en groupe, permettent de bien cerner le projet. Stage, emploi, ou service volontaire européen? Quelques semaines ou beaucoup plus ? Il s'y ajoute, bien évidemment, le problème éventuel de la langue. L'important est de vérifier que la demande s'accorde réellement au projet. L'étape suivante consiste à se procurer les documents administratifs.

De la Grèce à l'Australie

Afin de laisser partir les jeunes en toute sécurité, la Mission locale s'appuie sur ses partenaires pour que le parcours soit le plus sécurisé possible. Il n'est pas question de laisser un jeune dans un pays dont il pratique mal la langue. Comme ce jeune homme qui ne s'est pas adapté dans sa première famille d'accueil: le changement lui a fait voir son séjour sous un tout autre aspect. Car, pour beaucoup, c'est la première fois qu'ils quittent leur famille et c'est un véritable saut dans l'inconnu.

Plusieurs d'entre eux ont témoigné de parcours très divers allant de quelques semaines en Grèce ou au Royaume Uni à un an en Slovaquie, en passant des chantiers de fouilles à Collioure avec l'association Rempart. Deux autres sont encore au Québec et en Australie.

Stages en entreprises, cours d'apprentissages de la langue mais aussi découverte de mentalités différentes. Dans l'ensemble, l'expérience s'est révélée très positive. On le sent dans l'enthousiasme qui transparaît dans les propos et plusieurs sont prêts à repartir. Les contacts humains avec la population locale mais aussi avec les co-locataires de toutes nationalités ont été très bénéfiques.

Un an en Slovaquie

Gaëlle est partie pendant un an en Slovaquie. Elle témoigne:

"C'est un pays que je connaissais mal et je voulais voir par moi-même de quoi il retournait. Je suis partie dans le cadre du service volontaire européen. J'ai fait des études d'histoire de l'art et j'ai été chargée de promouvoir un site culturel. Je m'occupais de l'accueil, de la vente des cartes postales mais j'ai aussi imaginé un nouveau logo pour les T-shirts. Je parlais anglais mais j'ai pris des cours de slovaque. J'ai travaillé avec un professeur et ses élèves. Je me suis fait des amis et j'ai pu voyager dans tout le pays qui est magnifique. En fait, c'est quand je suis rentrée en France que je me suis sentie un peu perdue. J'ai souhaité intégrer le programme Leonardo mais cela n'a pas été possible. Je repars dans quelques semaines dans l'Aveyron, cette fois-ci pour effectuer un service civique avec l'association Rempart, toujours dans le domaine culturel."

Un plus sur son CV

Pour marquer l'originalité de cette action, la Mission locale a réuni les jeunes pour leur remettre un dossier de compétence: un plus à ajouter à leur CV. Plusieurs élus des communes où habitent les jeunes étaient présents. Pour certains, ce sont eux-mêmes qui ont poussé les candidats à se renseigner auprès de cet organisme. Une élue a même souhaité qu'un article sur une jeune fille, la plus jeune du groupe, soit écrit pour le bulletin municipal, histoire de démontrer qu'il est tout à fait possible de partir à l'étranger, même à 18 ans, si on le désire vraiment.

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