L'accès à la culture aux non-voyants et aux malentendants

Depuis plus de vingt ans, l'association Accès Culture met les spectacles à la portée des personnes non-voyantes ou malentendantes.
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Lorsque l'on est non-voyant ou malentendant, il est difficile d'assister à un spectacle. C'est en partant de ce constat qu'en 1990, Frédéric Ledu a mis en place les bases de ce qui allait devenir l'association Accès culture. Il s'est inspiré d'une opération lancée par l'association Valentin Huÿs qui œuvre pour les aveugles et qui avait mis à leur disposition des casques audio pour suivre des films en précisant tous les éléments visuels. Jérôme Ledu travaillait alors avec Jérôme Savary à la création du Songe d'une nuit d'été au Théâtre nationale de Chaillot. Il s'est servi des notes qu'il prenait pour la description de la mise en scène pour adapter la méthode au théâtre, puis à l'opéra et à la danse. De plus, il élargit son action auprès des malentendants et des handicapés mentaux. Il crée l'association dont il est le responsable en 1993.

Des partenariats ont été mis en place avec des théâtres aussi bien à Paris qu'en province (Théâtre national de Chaillot, Comédie française, Odéon, Opéra national de Bordeaux...) et tout au long de l'année, ce sont 180 représentations qui sont proposées dans soixante-dix théâtres, opéras et festivals.

Des moyens adaptés à chaque cas

Pour comprendre une scène, une personne non-voyante a besoin d'éléments comme la description des lieux, des lumières ou les costumes et les mouvements des acteurs. C'est l'objectif de l'audiodescription qui est insérée entre les dialogues pour ne pas gêner la compréhension de la pièce. De plus, des brochures en braille ou en gros caractères facilitent l'information.

Pour les personnes sourdes ou malentendantes, d'autres moyens sont mis en place selon la gravité du handicap, comme les boucles magnétiques individuelles, les casques d'amplification, les écrans individuels de surtitrage (qui offrent l'avantage d'une retranscription intégrale des paroles, des bruitages et de la musique) mais aussi des adaptations en LSF (langue française des signes) par des comédiens eux-mêmes sourds ou des interprètes. La LSF est plus particulièrement utilisée pour les spectacles destinés aux enfants, de même que le LCP (langage parlé complété).

Des visites de théâtres et des ateliers artistiques adaptés sont également au programme, y compris pour les handicapés mentaux.

Les musées

La dernière innovation concerne les musées. A l'aide d'un lutrin sonore et tactile, on peut écouter la description complète de l'œuvre. A titre d'exemple, la reproduction en résine à l'identique d'un vitrail permet de reconnaître les matériaux, les textures différentes et les reliefs. Des pastilles en braille resituent les couleurs et les formes des personnages et des autres éléments.

Ces services sont proposés gratuitement par les théâtres et les spectateurs peuvent bénéficier d'un tarif préférentiel ainsi que d'un placement privilégié dans la salle. L'un des buts de l'association est de rendre les personnes les plus autonomes possibles.

Site: www.accesculture.org

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