Le Goncourt des lycéens, Carole Martinez-Du domaine des murmures

Les lycéens, eux aussi, sont invités à choisir le livre qui leur plaît le plus. Voyage au cœur d'une classe de votants.

Le Goncourt des lycéens a été instauré en 1988 par l'inspection académique de Rennes. Depuis, il s'est étendu dans toute la France et même à l'étranger. C'est ainsi que, cette année, des lycéens venus de Londres, Bruxelles et du Québec ont fait entendre leurs voix. Ce sont les professeurs de français qui décident de postuler en mai. Ce qui leur laisse quelques semaines pour préparer cette opération qui débute à la rentrée scolaire, s'ils ont été sélectionnés.

Entrent en lice les quinze ouvrages choisis par le "vrai" jury. Huit exemplaires de chacun sont offerts par la FNAC. Les bibliothèques et les médiathèques sont également invitées à participer à cette action.

Une rencontre avec les auteurs

Lorsque les enseignants présentent ce projet à la classe choisie, ce n'est pas toujours l'enthousiasme, loin de là. La classe de 1ère S du lycée Jean Rostand de Mantes-la-Jolie (78) ne dira pas le contraire.

"Quand notre professeur nous en parlé en début d'année, j'ai vraiment pensé qu'on était mal", avoue Cécile qui a fini par changer d'avis et apprécier non seulement de découvrir des textes intéressants mais aussi l'ambiance qui s'est créée dans la classe. Bruno qui a plutôt l'esprit scientifique, s'est passionné pour des ouvrages contemporains. Quant à Muhammed qui, au départ, avait confondu Goncourt et concours, il a lu pas moins de neuf titres au lieu des cinq requis. Pour la plupart, c'est une découverte et ils affirment qu'ils n'en resteront pas là. L'un des temps forts les plus importants a été la rencontre à la Bibliothèque nationale de France (BNF) avec treize des auteurs. Leur seul regret est de ne pas avoir eu assez de temps pour lire plus d'ouvrages. Il faut reconnaître que certains sont carrément des "pavés" avec deux titres de cinq cents pages et plus, sans compter celui qui a obtenu le prix, "l'Art français de la guerre", d'Alexis Jenni, qui atteint les six cent vingt pages.

Un pari risqué mais réussi

L'enseignante, Marianne Hubac, participait pour la première fois. Lorsqu'elle était elle-même lycéenne, à Rennes, justement, elle avait emporté un prix pour une critique littéraire. D'où sa volonté de faire connaître ce plaisir à ses élèves.

"C'était un pari risqué et lourd en terme d'organisation mais les élèves ont maintenant un autre regard sur la littérature contemporaine," insiste-t-elle.

Au total, cinquante-cinq classes (dont les trois venues de l'étranger) ont participé à ce prix littéraire. Chaque classe élit un délégué qui portera leur voix et ils sont au final une dizaine pour la dernière étape, à Rennes. Comme on le sait, ils ont choisi le livre de Carole Martinez "Du domaine des murmures". Mais ce qu'on ne sait pas, c'est pour qui les uns et les autres ont voté: comme pour leurs aînés, les débats ne sont pas publics et les votes sont à bulletins secrets.

Source: rencontre avec la classe de 1ère S du lycée Jean Rostand de Mantes-la-Jolie (78) avec les enseignants et les responsables de la médiathèque.

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