Les tortues de Floride sortent de leur hibernation

De nombreux plans d'eau douce, lacs ou étangs, recèlent des tortues de Floride. Le printemps précoce les a fait sortir de leur hibernation.

A l'origine, ces tortues étaient importées de Floride, principalement dans les années 1970 à 1990. A la naissance, elles ne mesurent que quelques centimètres de diamètre et les parents, attendris par leurs jolis coloris n'hésitaient pas à les acheter pour leurs enfants. Pendant ces vingt ans, la demande a été importante et des élevages ont vu le jour.

Adaptation à l'environnement

Malheureusement, ce que les vendeurs animaliers se gardaient bien de préciser, c'est que ces animaux grandissent. Selon l'espèce, ils atteignent de 30 à 40 cm et peuvent peser jusqu'à trois kilos. Arrivés à ce stade, ils n'ont plus de place dans l'aquarium ou le terrarium où ils avaient été installés. Les parents se débarrassaient alors discrètement de ces tortues devenues encombrantes dans le plus proche plan d'eau. Il se trouve que beaucoup d'entre elles ont survécu et se sont acclimatées à leur nouvel environnement. L'hiver, elles s'enfoncent dans la vase pour hiberner, ce qui leur permet de résister au froid.

On en trouve dans toute la France (et l'Europe, bien entendu), y compris dans le nord. Cependant, leur terrain de prédilection se situe au sud de la Loire, surtout près de la Méditerranée, où les conditions climatiques leur permettent de se reproduire. Plus au nord, jusqu'à ces dernières années, il semblait qu'elles étaient stériles. Pourtant, récemment, des pêcheurs du lac de Gassicourt, à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines sont parvenus à observer ces animaux pondant dans le sable, ponte suivie quelques temps plus tard de traces prouvant que les petits avaient bien éclos. Ces mêmes pêcheurs racontent qu'il n'est pas rare que l'une d'elles se prenne à leur hameçon. Mais elles "engament", c'est-à-dire qu'elles coupent le fil avec leur bec et elles s'enfuient.

Des animaux carnivores

Ces tortues posent plusieurs problèmes. Tout d'abord, elles se développent au détriment des espèces existantes, notamment les cistudes qui finissent par disparaître. Elles sont avant tout carnivores mais mangent aussi des herbes. Elles se nourrissent de poissons et de moules d'eau douce (les anodontes). Très souvent, quand elles étaient dans les familles, on leur a donné de la viande: elles y ont pris goût et n'hésitent pas à s'attaquer aux canetons et aux oiseaux. Elles les attrapent par le cou et les entraînent dans l'eau où ils se noient. On les accuse aussi d'être porteuses de salmonelloses. D'où leur interdiction de vente, d'abord aux États-Unis, puis en France.

Il n'est pas facile de les comptabiliser. On peut les voir aux beaux jours, juchées sur un tronc d'arbre ou une pierre, prenant tranquillement le soleil. Dès que l'on s'approche, elles se laissent glisser dans l'eau.

Un dernier point: leur durée de vie est estimée à une cinquantaine d'années. Pas facile, donc, de s'en débarrasser.

Sources: Wikipédia, Club des pêcheurs de Gassicourt

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