La folie du pouvoir

La dictature dans les pays arabo-musulmans a engendré l'explosion de colère des peuples opprimés.

Cette année 2011 est bien partie pour refaire l’histoire du monde arabe. Enfin ! Les jeunes sortent pour exprimer leur ras-le-bol de la dictature, de l’injustice et des inégalités. Ces jeunes qui n’ont connu qu’un seul régime et surtout un seul visage qui les représente dans le monde. On découvre stupéfaits, jour après jour, l’ampleur du désastre dans lequel vivent ces populations, les milliards détournés par les présidents et leurs proches. On assiste aux massacres en direct, impuissants devant la folie des hommes.

En quête de liberté

Ces pays d’Afriques du Nord n’ont vu la liberté que vers les années 60. Ces populations ont toujours été sous le protectorat de l’empire ottoman ou sous la colonisation occidentale. Si on va plus loin dans l’histoire, on découvre que les habitants d’Afrique du Nord sont les Amazighs, des Berbères islamisés et arabisés vers le VII siècle. Des générations entières ont vu ainsi leur identité reléguée au second rang, quand elle n’était pas bafouée et combattue. Des guerres sanglantes ont éclatées dans ces pays, des morts par milliers au nom de l’indépendance. Les générations d’avant ont elles aussi combattues l’ennemi étranger. Au lendemain de la libération, les gens ont cru à la démocratie et l’égalité. Les personnes qui les gouvernent c’est les leurs, ils ont combattu pour les mêmes causes. Donc, il n’y a aucune raison de ne pas y croire.

Les années d’euphorie

Ces présidents, installés à la tête de ces pays, avaient en principe des mandats renouvelables grâce au suffrage universel. Ils dirigeaient des pays riches en pétrole et en ressources naturelles. Ils promettaient à leur peuple une vie meilleure que ce qu’ils ont connu jusqu’ici. L’enseignement des enfants qui allait leur ouvrir les portes de la réussite sociale, les soins gratuits. Un rêve pour beaucoup qui devenait réalité. Les premières années ont été une réussite, la population voyant un net changement de son niveau de vie. Beaucoup sont passés des bidonvilles aux appartements. Le pays était alors en reconstruction, il y avait du travail pour tout le monde. La possibilité de se former et accéder à de meilleurs postes. Les gens ont pleinement vécu les premières années de liberté.

Les promesses des gouvernants

Les premières promesses étaient la liberté pour laquelle ils se sont battus, le partage des richesses du pays qui appartiennent au peuple, l’égalité sociale. Certains riches propriétaires étaient spoliés de leurs biens au nom de l’égalité sociale. Au moment où le peuple savourait sa nouvelle vie, les querelles pour le pouvoir ont éclaté au sein du gouvernement, les règlements de comptes, les disparitions, la création de services secrets et spéciaux, des prisons secrètes, la torture et d’autres procédés que monsieur tout le monde était loin d’imaginer venir de la part de ses propres frères.

L’opposition

Petit à petit, certains intellectuels au sein du pouvoir se sont rebellés et ont fait savoir leur non appartenance à ce régime assoiffé de pouvoir. Les arrestations et les exils se sont multipliés. Les querelles du sommet ont gagné la rue, la population constatant à ses dépends que la classe politique dirigeante s’enrichissait à une vitesse inexplicable et la population s’appauvrie. Même les acquis sociaux des premières heures de l’indépendance ont été perdus. L’enseignement est devenu médiocre, les soins inexistants, des hôpitaux d’un autre âge. Et même les diplômés du pays se sont retrouvés sans emploi et sans couverture sociale. La société toute entière est passé de l’état d’euphorie à un état dépressif. On ne croyait plus à rien, les gens ont été obligés de se débrouiller comme ils peuvaient pour survivre.

Les partis islamistes

Une réponse apportée au peuple, en quête de liberté et d’égalité encore une fois. La parole de dieu est juste, on doit tous être égaux, c’est écrit dans le coran. Les frères musulmans ont toujours été présents pour soutenir les plus pauvres de la société. Ils étaient les premiers à sauver les sinistrés des catastrophes et les premiers opposants virulents de ces gouvernements totalitaires. Les discours lors des prêches du vendredi ne les ont pas servis aux yeux des occidentaux, un danger réel se tisse dans ce monde moderne. Les populations arabes sont les premières à souffrir de la folie sanguinaire des islamistes. Les belles paroles divines se sont transformées encore une fois à l’oppression des hommes. En plus, ces islamistes sont passés à l’offensive avec des attentas spectaculaires dans les plus grandes villes du monde. Il faut agir en déboursant des milliards, en faisant des alliances avec les gouvernements des pays arabo-musulmans pour combattre ce fléau. Ces gouvernements ont carte blanche tant qu’ils jouent les remparts contre les islamistes et l’immigration massive Sud-Nord. L’oppression de la population par les classes politiques n’est que grandissante et, encore une fois, on oublie ces peuples face à leurs désarrois.

La succession au pouvoir

Après 20, 30 ou 40 ans de pouvoir, ces présidents réélus grâce à la fraude, préparent leur succession avec fierté au sein de leur propre famille. Présenter leurs fils au monde entier comme étant la suite logique et légitime pour gouverner des pays qui sont sensés être des républiques démocratiques et populaires. Le prolongement de cette politique est juste révoltant et inacceptable pour des peuples écrasés par le poids du silence et de la pauvreté.

Sources:

Le Temps. Edition électronique . Journal tunisien.

El Ahram. Journal égyptien.

Al Jazeera.

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