Le Paradise, une maison close à la frontière franco-espagnole

Installé à la frontière franco-espagnole, le Paradise a ouvert ses portes il y a peu. C'est aujourd'hui la maison close la plus importante d'Europe.
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Pouvant accueillir quelque 200 péripatéticiennes, ce local s’est installé dans un polygone industriel situé proche de la petite ville espagnole de la Jonquera, à 150 km de Barcelone.

Depuis le 21 octobre 2010, et après de nombreuses années de délais et d’embûches, la maison close accueille des clients espagnols et transfrontaliers dans ses locaux (2 700 m2), ses 80 chambres, et ses 2 salons privés, dont un réservé aux VIP. (Voir article en espagnol, en cliquant ici .)

Affrontements et prises de position

Le Paradise cristallise cependant, et cela bien avant son ouverture, les réactions les plus négatives de la part du voisinage et d’une partie de la classe politique. Nombreux sont ceux qui, en effet, avaient fait connaître leur opposition à ce projet tendancieux, dans cette petite commune catalane.

Le Tribunal Superior de Justícia de Cataluña a cependant tranché en faveur du Paradise et a ainsi demandé au maire de la commune, Jordi Cabezas, d’autoriser l’installation de la maison close.

Mais, à en juger par l’intervention de la police une semaine à peine après son ouverture, et l’arrestation de plusieurs personnes, la levée de boucliers des habitants de la ville frontalière semble donner raison aux détracteurs du projet.

Du futur des maisons closes en Espagne

Pour l’instant, le statut de la prostitution en Espagne n’est pas très clair. Car, «depuis la réforme du Code pénal de 1995, la prostitution y est à nouveau tolérée», cite le Nouvel Observateur dans un article de 2007.

De nombreux lieux de «rencontres» sont autorisés et, si ce n’est pas par la loi, du moins par la communauté. Et un certain nombre d’Espagnols reconnaissent même que le fait de chercher une âme sœur le temps d’une soirée est bien moins dramatique pour leur couple que d’avoir une aventure à plus long terme…

D’après un article de l’ Express du 9 juillet 2009, le marché de la prostitution est même en expansion, avec un chiffre d’affaire de 18 milliards d’euros par an (en 2009). Toujours d’après l’ Express , inspiré par un article du quotidien espagnol El País , il y aurait, selon "l'Unité de lutte contre les réseaux d'immigration clandestine et les documents falsifiés de la police nationale, en Espagne, 2 500 clubs de prostitution.". Ces clubs existeraient notamment en grand nombre sur la N-301, la route nationale reliant Ocaña à Cartagena, et traversant les villes d’Albacete et de Murcie .

L’ouverture du Paradise relance donc le débat visant à légiférer la prostitution. Selon Carme Capdevila, conseillère à l’Acción Social, ce débat est devenu nécessaire dans une société en complète mutation. Madame Capdevila affirme ainsi que «la mejor vía sería conseguir el consenso de todas las formaciones catalanas, para que, a posteriori, se pueda solicitar una reforma de la Ley estatal referente a la regulación del mercado laboral» («La meilleure manière d’arriver à cela serait d’obtenir le consensus de toutes les formations politiques catalanes, afin que, a posteriori, on puisse demander une réforme de la loi faisant référence au marché du travail.»)

Le saviez-vous?

Les patrons de maisons closes et autres clubs de rencontres se sont organisés en association depuis 2001. Présidé par Pablo Mayo, lui-même propriétaire d’un local, l'Asociación Nacional de Empresarios de Locales de Alternes ( ANELA ) vise à protéger les clients et travailleurs de ces lieux interlopes.

Plus d'nformations sur www.panageos.es et www.larazon.es .

Photo de l’entrée du club

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