Les loups de retour en Catalogne

Manne touristique ou problème à régler au plus vite pour les régions qui "accueillent" depuis quelques années le loup ?
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Les loups seraient aujourd’hui au nombre de 13 en Catalogne (voir l’article d'El País ci-dessous), principalement présents dans le parc naturel du Cadí-Moixero.

Individus et territoire

Les individus répertoriés aujourd’hui feraient partie, d’après les experts, de la race italo-française. Ils occuperaient un territoire vaste de 1400 kilomètres dans le massif espagnol du Cadí, mais également des territoires limitrophes (Urgell, Cerdanya, Solsonès, Berguedà, Ripollès).

Ces territoires font partie aujourd’hui pour la plupart, du Réseau Natura 2000 qui, en Espagne, fait partie intégrante du Plan des espaces "d’intérêt naturel" et des réserves nationales de chasse de Cadi, Cerdanya-Alt Urgell et Freser-Setcases » (EFE, le 14/04/2011, Héctor Mariñosa).

Toujours d’après les experts, les loups se seraient approchés à moins de 90 kilomètres de la capitale catalane, Barcelone, voire à 40 kilomètres, comme il en est question dans un article « El lobo se acerca a Barcelona », d'El País.com du 11 avril dernier.

Retour sur la présence du loup

L’espèce, qui avait disparu de la région au tout début du XXe siècle, suite à l’intervention humaine, a vu son retour sur le territoire catalan confirmé dès 2004.

Les loups présents en Catalogne proviendraient du Parc national des Abbruzes. Ce sont des loups (C.L. Italicus) protégés en Italie depuis les années 1970.

Cohabitation délicate

Le plus inquiétant dans le retour de cette espèce est l’attaque des troupeaux. Ces attaques, qui en 2010 se sont soldées par la mort de 10 têtes de bétail, représentent en tout, depuis 7 ans, la mort de 81 bêtes dans les Pyrénées, principalement des moutons et des chèvres (l’article du ABC ).

Mais selon le docteur en biologie Jordi Ruiz Olmo, responsable du service de protection de la faune et de la flore de la Generalitat « si la présence des loups est exploitée comme il le faut, elle peut représenter des avantages pour les territoires qui les hébergent » (EFE, le 14/04/2011, Héctor Mariñosa). De plus, il faut remarquer que la population actuelle compte une femelle , condition sine qua non pour une reproduction éventuelle.

La cohabitation entre les éleveurs et les loups est cependant problématique. Jordi Ruiz ajoute ainsi que « la réapparition du loup ne se consolidera pas en cas de conflit avec les éleveurs». Il faut donc pour cela que « nous devons ainsi travailler avec eux, partager l’information et les aider à éviter les attaques».

Imma Espel, des services de tourisme du Consell Comarcal de Berguedà, a également déclaré à Efe qu'il existe «des expériences dans d’autres régions d'Europe et d’Espagne où la présence du loup est exploitée dans le domaine touristique, comme c’est le cas dans la Sierra de la Culebra à Zamora, car c’est une espèce emblématique, difficile à apercevoir et qui intéresse beaucoup le public».

Ce qu’il faut faire

Il faut pour le moment préparer le terrain, et affirmer que « le loup n’est pas un danger, mais plutôt un avantage car avoir un tel animal vivant sur notre territoire est le symbole que les écosystèmes vont bien et que notre nature est bien préservée» (l’article de la Razón cité ci-desssous).

Préparation au tourisme

Le parc natural du Cadí et les services de tourisme de la région du Alt Berguedà ont décidé d’établir une procédure pédagogique pour préparer les amateurs de nature à la présence du loup : des ateliers sont ainsi proposés aux familles, avec des contes, des dessins, et plusieurs autres activités (l’article de la Razón ).

A savoir : Le réseau Natura 2000 , créée par l’Union européenne, permet d’assurer l’équilibre et la conservation de la biodiversité grâce notamment aux habitats naturels dans les états membres : pour cela, il est prévu une interaction importante entre la surveillance, le suivi, la réintroduction des espèces indigénes, la recherche et l’éducation.

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