Exposition photo : la France vu par Isabelle I.

En 2010, Isabelle I. se lance dans une série de 285 photographies intitulée "France". Marianne des temps modernes, elle interroge les valeurs de son pays.
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La France en images

Les photographies proposées par Isabelle I. interpellent. De par leur format, de par leur présentation, de par leur contenu. La série se compose de centaines d’images formant un kaléidoscope, des centaines d’images n’en formant qu’une : celle de la France.

Un signe d'appartenance

Le fond, tout comme le chemisier du personnage, est blanc, anonyme, universel. Seules trois bandent se détachent, un visage tricolore, un bandeau reconnaissable, un signe d’appartenance. Car il est bien question ici de signes. Comme le braille qui se décrypte, qui se touche, nous avons autant de signaux, d’indications, de panneaux.

Le spectateur s’interroge. S’agit-il de la langue des signes ? D’un alphabet de hiéroglyphes ? De pictogrammes ? D’un texte sacré qu’il nous faudrait déchiffrer ?

Révoltés de la République

L’assemblage est au premier abord bien ordonné, rigoureux. A la manière des peintres classiques qui amènent le spectateur à plisser des yeux pour saisir l’équilibre du tableau, l’harmonie de la composition, les photographies d’Isabelle I nécessitent de prendre du recul pour n’embrasser que d’un coup d’œil la multitude d’éléments visuels qui composent l’image.

Et au fur et à mesure que l’on s’approche, les évidences se précisent. Une révolte sourde, qui se cache, qui ne dit pas son nom, se révèle lentement. Un poing levé, une main tendue, un air fier et décidé, mais aussi des expressions dubitatives, des bras ballants ou absents. Une multitude de signes que l’on scrute sans fin, qui virevoltent indéfiniment devant nos yeux jusqu’à nous faire perdre la tête. De cette profusion jubilatoire nait un étrange sentiment d’insoumission. Depuis le masque du catcheur jusqu’à la burka, tant d’actualité, ou le justicier masqué. Héros parfois malmené, révolté de la République. Caché mais bien vivant.

Ses photographies traitent d’un pays, la France, mais de manière universelle. On y retrouve les luttes et les combats de chacun, le droit à la parole et à l’expression, bref une certaine forme de liberté.

Ces images sont visibles à la galerie Atelier 40 du 19 octobre au 2 novembre 2012, 40 avenue de Flandre, 75019 Paris :

http://www.atelier40.fr/

Site de l'artiste :

http://isa.i.free.fr/

Au sujet de l'artiste

Isabelle I. développe une démarche artistique autour de l'humain, de l'expression du corps et de la question de représentation et de la mémoire du lieu. La peinture et la photographie sont ses médiums de prédilection. Dans ses séries, conçues sous forme de mises en scènes, elle explore les méandres de la condition humaine.

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