Des subventions pour les tabaculteurs

Le prix des cigarettes augmentent chez les buralistes, les subventions aux tabaculteurs aussi. La filière agricole a obtienu satisfaction.
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C’est un paradoxe français de plus. D’un côté, l’Etat qui cherche à limiter la consommation du tabac. De l'autre, le même Etat qui vient d’accorder aux tabaculteurs des subventions substantielles. Tout commence lorsque l’Union Européenne supprime, en janvier 2010, les aides accordées jusqu’alors à la filière agricole de la tabaculture. D’un montant de plus de 40 millions d’euros, elles bénéficiaient principalement aux producteurs du sud-ouest où est cultivée la plus grande partie du tabac en France.

Des producteurs en colère

Le 3 novembre 2010, ils sont venus en nombre devant l’Assemblée nationale manifester leur colère. Reçus par les députés, puis par le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, ils demandaient 15 millions d’euros. Ils en ont obtenu 11,4. L’Union des sociétés coopératives agricoles, France Tabac, estiment que les producteurs sont confrontés à la mondialisation et à la concurrence déloyale des pays qui ne respectent pas les mêmes règles sociales, sanitaires et environnementale.

Une part du gâteau

En augmentant le prix des cigarettes à la vente de 6%, le gouvernement espère des recettes fiscales supplémentaires de l’ordre de 700 millions d’euros. C’est cette part du gâteau que les producteurs de tabac sont venus chercher à Paris, le 3 novembre dernier. Dans un communiqué, France Tabac réclame 5 centimes d'euros par paquet. Et d’expliquer que " les industriels devraient percevoir un peu moins de 100 millions d'euros et les débitants de tabac, 70 millions. Nous, nous sommes exclus de ce dispositif ".

Une filière menacée

D’après France Tabac, leur filière est en danger. Les 2 500 exploitations françaises sont souvent de taille familiale. 10 000 emplois sont concernés dans tout le pays. Chaque année, la France produit 18 000 tonnes de tabac. L’Aquitaine est la première région de production. Si la Fédération nationale des producteurs de tabac est satisfaite de la subvention accordée -"On a un engagement ferme pour résoudre le problème d'urgence pour 2010 et une solution durable à partir de 2011"- l'avenir l'inquiète toujours.

Les organismes de prévention en colère

Pour les différentes associations de lutte anti-tabac, il n’en va pas de même. Le président de l'Office français de prévention du tabagisme, Bertrand Dautzenberg, estime que l’augmentation du prix des cigarettes ne doit pas servir à subventionner les tabaculteurs mais à aider la filière à une reconversion. Et de rappeler qu’au XXIe siècle, ce sont près d’un milliard de morts qui sont attendus dans le monde à cause du tabac.

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