L'art comme placement financier

L'investissement dans le domaine artistique n'est pas un placement comme un autre. Outre la rentabilité, le plaisir est aussi déterminant

Le notable et sa danseuse semblent maintenant appartenir à l’histoire. Désormais, les placements dans le domaine artistique doivent répondre au plaisir d’acheter et à la rentabilité potentielle, car l’acheteur est un investisseur qui veut que l'œuvre acquise soit aussi rentable. C’est donc en connaisseurs avertis ou bien conseillés que ces nouveaux acheteurs arrivent sur le marché de l’art.

Un achat plaisir

Former son œil, parcourir les salles de vente ou les galeries d’art, voici les premiers plaisirs que peut s’offrir tout amateur d’art sans débourser un centime. Avec quelques finances disponibles, ce plaisir peut être cultivé et développé autrement et même procurer quelques avantages financiers. Des connaissances sont quand même nécessaires, car les tentations d’abuser la clientèle peu avertie existent aussi dans l’art, comme dans d’autres domaines.

Quelques règles

Si vous aimez l’art contemporain par exemple, il convient d’éviter de vous disperser dans d’autres époques. Plus l’acheteur potentiel se documente, rencontre des galeristes, des commissaires-priseurs, plus sa culture autour d’un style, d’un courant ou d’un artiste va se développer. Se fixer un plafond de dépenses est également un bon moyen de ne pas exploser son budget.

Un plafond des dépenses

Tout le monde n’a pas les moyens financiers de Bernard Arnaud ou de Pierre Bergé pour investir dans l’art. Mais toutes les œuvres n’atteignent pas non plus les plafonds extraordinaires des salles de vente de ces denières années. La majorité des œuvres se situe entre 1000 et 10 000 euros. Les galeries de nos régions présentent aussi souvent des artistes qui ont déjà une certaine cote mais pas encore assez pour les grandes sœurs parisiennes. Certains domaines comme la gravure ou la photographie sont encore très intéressants.

Des garanties à prendre

Le coup de cœur trouvé, il reste encore quelques points à ne pas négliger. Comme l’authenticité de l’œuvre ! Cela peut sembler évident mais là aussi la prudence est de mise. La notoriété du lieu d’achat, un certificat d’authenticité et une facture sont autant de garanties. Ces précautions élémentaires sont également importantes pour la revente des œuvres et pour l'administration fiscale.

Les pièges à éviter

Quand on commence à investir dans le domaine de l’art, les sirènes de la mode peuvent séduire. La bande dessinée, la photographie, et même récemment les graffitis sont des secteurs en devenir. Ce sont souvent dans les ventes que l’on observe les tendances du marché. Mais là encore, prudence, car les cotes des artistes et des œuvres sont fluctuantes et les courants porteurs d’aujourd’hui ne le seront peut-être plus demain.

Une fiscalité préservée

L’acquisition d’œuvres d’art est exonérée de l’ISF. A la revente des œuvres, deux options sont possibles : l’administration fiscale applique le régime des plus-values ou le vendeur demande l’application de la taxe forfaitaire de 5% si ce régime est plus intéressant pour lui. La preuve d’achat doit être apportée par une facture. Enfin, parmi les nombreuses réformes des niches fiscales envisagées par Bercy, les œuvres d’art sont encore protégées.

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