Crédit professionnel : comment obtenir un accord de la banque ?

Vous comptez introduire une demande pour un crédit business? Il serait utile de prendre connaissance de la manière dont la banque analysera votre dossier.

En tant que créateur d'entreprise, vous aurez certainement besoin de demander un prêt à votre banquier. Dans le cadre de l’analyse d’une demande de crédit professionnel, la banque prendra sa décision en s’appuyant sur plusieurs indicateurs : la viabilité financière du projet, les garanties disponibles et la qualité de l’emprunteur.

Valider le projet : est-il financièrement viable ?

La banque procède à une analyse de la rentabilité du projet. Elle va examiner votre plan financier et s’assurer que vos chiffres sont "en ligne" avec les pratiques sectorielles ( guidelines ). Ensuite, elle va vérifier si la capacité de remboursement est bien présente sur la base d’un plan prévisionnel réaliste. Elle sera particulièrement attentive aux ratios de solvabilité et de liquidité . Concernant la solvabilité, plus vos fonds propres seront importants, plus votre ratio de solvabilité sera élevé. L’idéal étant que l’effort propre soit d’au moins un tiers du montant total nécessaire au projet.

Quand vous sollicitez un crédit, n’hésitez pas à joindre un plan de trésorerie dans votre dossier en sus du business plan et des comptes de résultats prévisionnels (et historiques le cas échéant). L’objectif primordial est de rassurer votre banque quant au fait que le cash flow sera suffisant pour rembourser vos charges de crédit.

Sécuriser le crédit : quelles sont les garanties disponibles ?

La banque va s’intéresser à votre patrimoine net. Votre actif net est calculé en valorisant vos avoirs (immobilier, actions, épargne etc.) et en retranchant vos dettes (hypothécaires, professionnelles, personnelles etc.). Ensuite, la banque va lister toutes les garanties qu’elle pourrait prendre de manière à réduire sa position de risque au strict minimum. Le risque bancaire se calcule en retranchant du montant du nouveau prêt, (augmenté de l'encours crédit éventuel existant) la valeur des nouvelles garanties, (et celles qui sont éventuellement déjà existantes). Si ces dernières sont absentes ou insuffisantes, la banque demandera alors une codébition de l’emprunteur dont le patrimoine net viendra réduire la position de risque de la banque.

N’oubliez pas de vous renseigner au sujet des garanties publiques disponibles dans votre région selon le profil de votre entreprise et le secteur concerné. Par exemple, pour la France, vous pouvez rechercher les aides publiques ici .

Le scoring suite aux accords de Bâle

Si vous êtes déjà client, c’est un point positif. Surtout si vous l’êtes depuis longue date et que la banque gagne déjà bien sa vie avec vous. Dans la balance, pèsent également le fait que vous avez toujours bien remboursé vos crédits, que la majorité de vos revenus sont domiciliés chez la banque et que vous y disposez d’une épargne suffisante. Si vous n’êtes pas encore client, la banque va essayer de se renseigner sur votre réputation et votre solvabilité.

Depuis les accords de Bâle II , chaque banque est tenue de déterminer à quelle classe de risque appartient l'emprunteur, par exemple : A, B, C, D ou E. Un client solvable (patrimoine net important ou du moins positif), qui a un bon historique financier et de bonnes perspectives (projet viable) sera coté A ou B. En revanche, un client qui a déjà connu un contentieux pour un de ses crédits et/ou qui a un actif net négatif sera probablement "scoré" D ou E.

Et vous, connaissez-vous votre scoring ? Il est important d'en prendre connaissance, car plus il est mauvais, plus vos crédits coûteront cher et risqueront d'être rejetés. Vous pouvez obtenir une idée de votre scoring en consultant une base de données commerciale (Coface, D&B, Graydon, Companyweb, etc.) moyennant paiement (maximum 20 euros) ou en demandant directement à votre banquier.

Si votre besoin de crédit est urgent, tournez-vous d’abord vers votre interlocuteur financier habituel. Comme il vous connaît déjà, le processus n’en sera que plus rapide.

Coût du crédit : quel taux ?

En cas d’accord, la banque va, en premier lieu, se baser sur les taux actuels du marché avant de formuler son offre. A cela, elle ajoutera sa marge bénéficiaire et sa prime de risque. Le coût de votre crédit sera évidemment différent selon son type (investissement ou trésorerie). Ensuite, le taux qui sera proposé par la banque reflétera aussi le niveau du risque identifié par le scoring. En clair, plus la position de risque de la banque sera élevée, plus le taux d’intérêt qu’elle vous proposera sera élevé.

N’hésitez pas à négocier et par exemple, faire jouer la concurrence, en introduisant, simultanément, des demandes de crédit dans plusieurs banques.

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