Flattr

C'est peut-être du fondateur de Pirate Bay, que viendra la solution du financement de la création.
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Conscient qu’il est vain de chercher à changer des habitudes bien ancrées comme le téléchargement, Peter Sunde, par ailleurs fondateur de Pirate Bay, propose à travers Flattr de générer de nouvelles rémunérations permettant de financer la création sans contraindre les internautes ni limiter leur liberté. Il s'appuie sur le constat qu’à l’ère du numérique, on consomme différemment: on n’achète plus pour posséder et se faire plaisir, mais l’on rétribue un artiste, un journaliste, pour le plaisir que l’on a pris à écouter sa musique ou l’intérêt que l’on a eu à lire son article. Ces initiatives vont à contre-pied de ce qui se faisait jusque maintenant. La stratégie de l’Etat et des ayant-droits voulant réprimer le téléchargement par la loi essuie un échec cuisant depuis dix ans, sans doute parce qu’elles vont contre la liberté des internautes et contre cette évolution inéluctable du marché. Les maisons de disques apparaissent toujours clairement comme des dinosaures n’ayant pas su s’adapter.

Que l’initiateur de cette tentative soit considéré par beaucoup comme l’un des principaux responsables de la situation actuelle, et qu’aujourd’hui, ce soit lui qui propose peut-être la solution la plus adaptée, peut paraître assez ironique.

Flatrr

Mais quel est ce nouveau concept? L’idée centrale est de permettre à ceux qui le souhaitent de féliciter et de soutenir le travail d’auteurs de contenus qu’ils apprécient en faisant don d’une partie d’une "cagnotte", dont le montant est déterminé par chaque utilisateur. Le principe est donc simple: grâce à un bouton intégré sur le site, l’internaute manifeste sa volonté de remercier l’auteur en cliquant dessus. Chaque membre de Flattr signale ainsi les contenus qu’il a appréciés, et la somme qu’il a injectée dans sa cagnotte se répartit automatiquement et équitablement entre eux. Flattr se rémunère quant à lui en prenant une commission de 10 % sur les versements.

Toujours dans un esprit communautaire

Il faut tout d’abord créer un compte en se rendant sur le site flattr (le site suédois n'est pour l'instant disponible qu'en anglais), puis en cliquant sur « sign up now ! ». L’intéressant dans cette démarche, c’est que pour recevoir des dons, il faut tout d’abord créditer un compte afin de donner et participer à la communauté. Cela s’inscrit bien dans une stratégie gagnant–gagnant à développer sur la toile pour favoriser les liens sur internet.

Flattr est peut-être une initiative utopique ou marginale, mais elle a le mérite de prouver que d’autres alternatives sont possibles. Les possibilités ne se bornent pas uniquement à la répression (Hadopi) ou à l’abonnement (licence globale).

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