Un nouveau jeu pour la Dreamcast de Sega

Même si la dernière console de Sega n'est plus produite depuis près d'une décennie, le titre original Sturmwind s'ajoutera bientôt à sa librairie.
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Sortie en novembre 1998 au Japon et près d’un an plus tard dans le reste du monde, la Dreamcast de Sega fut la première console de sixième génération (précédant les systèmes de SONY, Microsoft et Nintendo). Avec des accessoires aussi impressionnants qu’avant-gardistes, comme un modem intégré permettant le jeu en ligne ou encore la présence d’un écran à cristaux liquides sur les cartes mémoire, elle s’écoule à plus de dix millions d’unités. Mais lorsque Microsoft, alors co-développeur du système d’exploitation de la Dreamcast, annonce son incursion imminente - et en toute indépendance - dans l’univers des consoles de salon, Sega, qui peine à rivaliser avec la Playstation 2 de SONY, jette l’éponge. La Dreamcast est ainsi discontinuée moins de trois ans après sa mise en vente, marquant le retrait définitif de Sega du marché des consoles de jeux vidéo.

Production indépendante

En production depuis plus de six ans, Sturmwind est un jeu de type shoot them up à défilement vertical bien classique, dans lequel on incarne un vaisseau spatial aux prises avec une armada de créatures monstrueuses. Il est développé par Duranik , une minuscule compagnie allemande « spécialisée » dans les jeux pour consoles discontinuées. Ne bénéficiant d’aucune forme de support de la part de Sega, Sturmwind entre donc dans la catégorie très restreinte des réalisations indépendantes. Duranik assure elle-même chacune des étapes de la production, des premières lignes de code jusqu’à la mise en marché. Cela représente un véritable tour de force pour une si petite entreprise, surtout en raison des risques financiers qu'elle encoure. Car même si plusieurs développeurs amateurs s’amusent à créer des mini-jeux supportés par des consoles obsolètes, rares sont ceux qui mènent à terme un tel projet, celui de produire un jeu complet, potentiellement amusant et commercialisable, destiné aux adeptes d’un système qui a disparu depuis presque une décennie.

Entre nostalgie et loyauté

Les développeurs peuvent justement compter sur un important bassin de loyaux adeptes, situation peu commune dans le monde des technologies désuètes. La Dreamcast se retrouve d’ailleurs dans la plupart des palmarès répertoriant les meilleures consoles de jeux vidéo, tant pour son histoire que pour ses caractéristiques innovatrices. D’un point de vue technique, ses meilleurs titres peuvent même rivaliser avec certaines productions actuelles. Comme quoi la Dreamcast a toujours un grand potentiel d’intérêt pour les développeurs, et par conséquent pour les joueurs. Fait à noter, les grands studios japonais ont continué à produire des jeux supportés par la console jusqu’en 2007, soit cinq ans après sa discontinuation hâtive.

D’autres titres également disponibles

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une pratique courante dans l’univers des jeux vidéo, la commercialisation de productions indépendantes peut parfois donner une seconde vie aux consoles qui dorment dans les placards. Dans le cas de la Dreamcast, pas moins de neuf titres se sont ajoutés à la liste officielle depuis 2007, dont quatre par la compagnie allemande NG:DEV.TEAM. La plupart du temps ces jeux appartiennent à la catégorie des shoot them up , comme Last Hope (2007) et Fast Striker (2010), notamment parce qu’ils sont moins complexes et donc plus faciles à développer. Quant à Gun-Lord , dont la sortie est prévue pour juin 2012, il s’agit d’un jeu de plateforme de type 16-bit qui n’est pas sans rappeler les premiers opus de Metroid . Ces jeux sont donc conçus par et pour des fans, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas dans un marché aussi compétitif et saturé.

Disponible en prévente au coût de 39,95€, Sturmwind s’adresse évidemment à un public très sélect. Mais le prix ne semble pas décourager les amateurs. Car si l’on se fie aux forums de discussion, ils sont déjà nombreux à attendre le prochain jeu de la Dreamcast avec impatience. Et si l’expérience s’avère concluante, parions que Duranik n’attendra pas six ans avant de réitérer l’exploit.

Sources :

http://duranik.com/

http://www.wikipedia.org/

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