Gros mots et jurons pour soulager la douleur?

Jurer, pester, utiliser le mot de Cambronne ou les autres atténuerait la douleur en cas de blessure. Voyons ce qu'en disent les chercheurs.
13

Les scientifiques de l’Université de Keele (établissement académique anglais) ont mis en corrélation les mots dits grossiers (voire blasphématoires ou injurieux) et la prise en charge de la douleur. Nous serions dans un cas naturel d’antalgique, unique de par son contenu peu recommandable. Et pourtant, sacrebleu, ça marche ! Principalement chez les sujets dont ces mots ne figurent pas dans leur liste de vocabulaire quotidien et dont l’emploi est donc exceptionnel.

Des données factuelles et démontrées

Afin de tester leur théorie, des étudiants, tous volontaires, ont placé leur main dans un seau d’eau glacée, tout en répétant (et ce pour les progrès de la science) une série de jurons sans discontinuer.

Cet exercice périlleux et haut en couleur fut alors renouvelé, mais sans les couleurs, c’est-à-dire, sans les gros mots. Ces derniers étant cette fois remplacés par une phrase anodine.

Les chercheurs ont ainsi découvert que les sujets qui avaient verbalisé leur douleur en utilisant des mots peu académiques, avaient été en mesure de garder leur main plus longtemps dans le seau d’eau, établissant ainsi un lien entre les mots grossiers et une prise en charge de la douleur.

Les scientifiques ont pu aussi démontrer que les jurons avaient la vertu d’engourdir, d’endormir et d’insensibiliser la partie endolorie du corps, quatre fois plus que lorsque les volontaires vociféreraient des mots acceptables, audibles par sa Gracieuse Majesté.

L’effet Cambronne

L'équipe pense pouvoir affirmer que l’effet de soulagement de la douleur, associé aux jurons, est initié par une situation de réponse dite du « fight or flight », « lutter ou laisser passer ».

Le rythme cardiaque des étudiants jurant, s’accélérait soudainement et au fur et à mesure de la répétition des gros mots, ce qui semblerait indiquer une réponse positive à toute forme d’agression en cas de combat ou de lutte, mais aussi en cas d’acceptation de la situation.

La recherche prouve que l’usage des gros mots, est initié par une cause émotionnelle, mais aussi physique, ce qui pourrait expliquer pourquoi son utilisation semble tolérable dans de telles circonstances et ce depuis des siècles et des siècles.

Dr Richard Stephens, qui a travaillé sur ce projet conclut : « L’usage de gros mots a toujours existé et cela depuis des générations ; c’est un peu comme un phénoménal humain linguistique universel”. Il ajoute : « Jurer fait appel au centre des émotions du cerveau qui est situé dans l’hémisphère droit, alors que la production du langage est localisée dans son hémisphère gauche. »

Cette excuse pour utiliser le mot de cinq lettres doit se faire avec modération et parcimonie.

Références : résultats d’une étude publiée dans NeuroReport et reprise par Webmed en juillet 2009

http://www.webmd.com/pain-management/news/20090713/go-ahead-and-curse-it-may-ease-your-pain

Sur le même sujet