Le Rêve en Trompe-l'Œil de Christine Chastenet

Peintre tourangelle, Christine Chastenet s'est construit un univers avec formes, couleurs et matières, de manière à dépasser le simple cadre d'une toile.
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Christine Chastenet, ou la Naissance du Visuel

Christine Chastenet est née à Tours et a passé son enfance dans le Berry, à Écueillé. Dès ses premières années, elle s’est forgée un monde fascinant, fait d’histoires et d’images nourries par un vieil album de cartes postales de sa grand-mère. Très vite, son goût pour la peinture, le dessin et la musique des couleurs, des lumières et des matières, prend vie. Riche de cette expérience onirique, avant de se diriger vers la peinture, notre artiste en herbe s’est essayée au stylisme de mode, avec des études au lycée Choiseul, à Tours. Cependant, l’espace pour exprimer son art lui manque.

Ou les contraintes de la réalité

Il faut vivre. De ce fait, Christine s’envole d’abord vers la Normandie, puis pour la capitale, au Sentier. Insatisfaite de son «parcours chanceux» , affirme-t-elle, et de son statut de cadre, le retour à sa ville natale se fait impératif… Mais la vie lui sourit beaucoup moins. Elle accumule les petits boulots: intermittente en théâtre, styliste, mécanicienne, vendeuse, secrétaire médicale, etc. Cette existence ne lui convient guère. Obstinée, elle se donne enfin les moyens de réaliser son rêve: peindre.

Ou le rêve-réalité

Notre artiste peintre se consacre à réaliser son rêve. Mais par où commencer ? Le soir, elle participe à des ateliers de nus , et «bosse» , corps et âme, à l’amélioration de son travail pictural. Toujours le soir, elle suit des cours dans l’atelier d’illustrations de Patrice Baffou, puis avec un Compagnon du Devoir, Hubert Gonet. Là, elle apprend à créer faux-bois et faux-marbre. Durant deux ans, dans un apprentissage strict et précieux, son art devient réalité.

Ou la maîtrise

Entre 2001 et 2005, elle participe à de nombreux salons de peinture dans la région Centre et ailleurs (Montlouis, Amboise, Noyer-sur-Cher, Saint-Pierre-de-Maillé, etc.), expose en galeries (Mathurin, le Carroi des Arts, la Perraudière, l’Étoile Bleue, etc.) et rafle une pléiade de prix (prix de la Nouvelle-République, prix du Chevalet de Touraine, prix de l’Atelier des Arts à Châtellerault, prix de la municipalité de Vouvray, etc.). Enfin, elle expose lors du prestigieux Salon des Artistes français au Grand-Palais en 2002. En 2008, elle remporte un prix à Kyoto et Osaka, au Japon.

Ou son Œuvre

Les toiles de Christine Chastenet, sous l’influence de Salvador Dali, se composent de fausses fenêtres, de décors, en trompe-l’œil. L’artiste est plongée dans une recherche constante de profondeur, de volumes, d’ombres et de lumières. La nature est aussi l’une de ses sources d’inspiration; elle y puise tout ce qui lui permet d’aller au-delà du simple regard. Parmi ses œuvres, nous pouvons découvrir des toiles épurées, exécutées avec des camaïeux de blancs, car ils lui autorisent à faire abstraction de la couleur, afin de faire surgir la pureté de la lumière. Cependant, cela ne l’empêche pas d’effectuer des clins d’œil à la mode, avec des marouflages de vieux draps et de journaux, car, il est primordiale pour cette artiste maintenant accomplie que la matière côtoie tant le figuratif que l’abstrait. D’autre part, ajoutons que peu de supports résistent à la frénésie de son pinceau: elle peint sur toiles, bois, murs, meubles, et même sur des véhicules.

«J'ai encore tellement de choses à découvrir, j'ai la sensation d'être une éternelle débutante,

comme si rêve et réalité se fondait dans un monde où tout est réalisable.» Christine Chastenet

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