Dans l'aspiration de MotoGP 10/11

Monumental Games et Capcom nous proposent une nouvelle saison de MotoGP. Entre évolution et stagnation, la saveur reste-t-elle la même que la version 09/10?

Si l'année dernière Capcom se sentait (à tort) mal à l'aise dans la peau de Peter Parker, il semblerait que l'éditeur ait choisi d'incarner le personnage de Superman avec cette nouvelle version 10/11 de MotoGP, laquelle déroule une force tranquille, remise à jour et plus assurée.

Les saisons se suivent...

Si l'évolution proposée par Capcom avec MotoGP 09/10 n'avait pas trouvée la faveur des professionnels, il n'était pas pour autant question de céder au dénigrement aveugle pour laisser tomber un investissement qui donnait pourtant d'excellents résultats. Il semblerait que les leçons du passé ne soient toujours pas apprises, car, même s'il est vrai que MotoGP 10/11 repose un peu beaucoup sur ses acquis, les critiques ne sont certainement pas justifiées par le mérite d'avoir accédé à la discipline reine pour se faire une opinion de la technicité du jeu. Certes, l'expérience s'adresse aux novices comme aux férus de simulation. Et, plus vous évoluez dans le championnat ou votre carrière, plus vous laissez le côté arcade pour atteindre toutes les subtilités que requiert une compétition de haute vitesse, de courbes et de configurations. Ainsi, il va de soi que la difficulté s'accroît au fur et à mesure que les catégories augmentent. Et encore, c'est sans compter sur les remaniements apportés par Monumental Games qui tendent à vous encourager à rester concentré sur la piste.

Le symptôme Déjà-Vu

Pourtant, les premiers tours de roues ne laissent vraisemblablement apparaître qu'une rigidité plus envahissante. Les motos, plus capricieuses, demandent une attention toute particulière à l'approche des virages. La moindre approximation est quasiment fatale, la faute à un système de freinage beaucoup moins percutant et une maniabilité qui rend impossible toute autre trajectoire que celle qui est déterminée comme idéale. Plutôt ressenti comme une volonté de focaliser l'attention du pilote au début, ce choix est la source d'une constante crispation sur la manette dans les sphères supérieures. Les erreurs se multiplient et la patience finit par trouver ses limites. Et puisque nous sommes dans les reproches, l'intelligence artificielle et les chutes sont deux facteurs qui contribueront à développer votre ulcère et faire bondir votre tension d'un cran. Vos adversaires vous ignorent. Tout simplement. Vous n'existez pas. Pour eux, seule la piste compte et cette fameuse trajectoire idéale dont il ne faut surtout pas dévier. Quelques imprécisions les font parfois sortir ou tomber ici et là. Mais ils sont incapables de prendre en considération votre présence ce qui se traduit le plus souvent par des chocs (et donc des malus de crédits pour vous), voire des chutes. Ces derniers sont d'ailleurs très précaires. Il suffit de partir en glissade, de persister à accélérer pour partir en vrille aérienne. La gestion est une catastrophe, indigne d'un jeu qui se veut représenter une simulation quelle qu'elle soit. Ces trois points sont les principaux facteurs qui démontrent à quel point la licence se repose sur les lauriers de l'excellence de la version précédente. Car, pour le reste, tout est similaire ou presque.

Un valeur sûre

Pour le reste, donc, nous retrouvons tout ce qui faisait le charme du précédent opus, dont cette opportunité sympathique de carrière qui vous invite à gérer votre équipe de A à Z, entre recrutement, améliorations, sponsors... Et coéquipier ! Car cette année, un second joueur peut rejoindre l'aventure en cours de route pour vous aider à progresser sur la route de la gloire. Il ne faut pas oublier l'expérience en ligne jusqu'à 20 pilotes qui transcende les courses. Sinon, rien d'exceptionnellement nouveau ne vient exploser à l'écran. Et pourquoi s'en plaindrait-on compte tenu du niveau abordé ? MotoGP 10/11 est un digne héritier qui aurait bien du mal à renier son lien de parenté tant les gènes sont similaires. Il est vrai que certaines ombres viennent ternir un peu plus le tableau cette fois-ci. Il ne faudrait pas que l'équipe de développement baisse de régime et finisse par trop tourner en rond. Il reste suffisamment de points sur lesquels s'améliorer pour penser que la prochaine saison devrait franchir un cap sous peine de rétrograder très brusquement.

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