FIFA 12, dans la peau d'un champion

La rivalité est la meilleure des motivations. Dans cette lutte à la simulation, le monde du football saurait-il encore avoir des secrets pour FIFA 12 ?
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A force d'imposer leurs mises à jour annuelles, nous pourrions nous demander si en guise d'évolution nous n'aurons finalement plus à faire qu'à de l'immobilisme, voire déborder sur un concept de course automobile à force de tourner en rond. Cela dit, pour se convaincre des progrès réalisés, il suffit de regarder en arrière. Et il paraît alors évident que, petit à petit, année après année, ces jeux ont finalement gagné le statut de simulation de football. Il reste à savoir laquelle des deux licences en référence le mérite plus que l'autre.

Une histoire de goût

Il y avait longtemps que toute envie de fouler une pelouse virtuelle s'était évanouie. Il aura suffi, à l'époque, d'un PES 5 pour écœurer définitivement le passionné, heureux des aises prises sur le volet précédent. La faute à cette course à la simulation ultime qui manqua d'user d'une certaine finesse transitionnelle avec cette jouabilité à la dynamique arcade et une semi-rigueur sur le terrain terriblement captivante. Il n'était alors pas du tout évident de s'adapter à la nouvelle rigidité préférée pour coller au mieux à la réalité des terrains. Moins souple, moins rapide, il n'en fallait pas moins pour rejoindre, un temps, les sièges des tribunes pour observer la guerre des évolutions annuelles à distance. PES, FIFA… Chacune de ces licences avait alors des défauts particuliers. Du côté de Konami, la série commençait à perdre pieds. Tandis que du côté d'Electronic Arts, le retard se rattrapait à grande vitesse. Mais jamais l'envie de retoucher une manette n'émergea à nouveau. La peur de la frustration de devoir se plier à un gameplay était trop grande. Jusqu'à cette année, où, finalement, la curiosité l'emporta. Rancunier, il n'était pas question de laisser une chance à cette série qui m'avait déçue et ainsi en profiter pour passer "à l'ennemi".

Retour de convalescence

Un des défauts récurrents de la licence FIFA était cette fâcheuse tendance de l'IA à vous capter le ballon, lui faire remonter le terrain par des passes automatiques pour lui faire finir sa course dans le fond de vos filets sans que vous n'ayez rien pu faire pour l'en empêcher. A l'évidence, beaucoup de chemin a été parcouru depuis. Il suffit d'un coup d'envoi pour se rendre compte à quel point les licences de foot se sont développées (et à l'occasion celle d'Electronic Arts), tant sur l'aspect technique que graphique, pointant toujours vers l'expérience ultime. Et sur ce point, FIFA 12 en est réellement une. Le jeu bénéficie d'une richesse présente sur tous les plans. Personnalités et équipes officielles des championnats du monde entier, modes de jeu, contenu, gameplay… Tous les éléments sont présents pour faire de ce titre un incontournable. La maniabilité est calibrée à la perfection pour conférer un jeu quasiment idyllique, dans lequel la rigueur de la simulation n'interfère pas avec la fluidité de mouvement ou de construction. Gestion de puissance des passes et des tirs, positionnement du corps au moment de la frappe, finesse du tacle sont autant de paramètres qui viennent alimenter ce secteur, le transcender et ainsi coller au plus près de la réalité, toujours en composant avec des critères techniques propres aux joueurs. La vie sur le terrain est bien présente avec des commentaires qui collent l'action et une ambiance sonore intense et fidèle. Et puis, outre les compétitions de base inclues dans le jeu et celles que vous pouvez vous procurer sur le store EA, l'éditeur a eu l'excellente idée de sublimer l'expérience avec un mode directement issu d'un Football Manager qui vous placera, au choix, dans la peau d'un manager, d'un joueur ou d'un entraîneur. Cette petite touche montre l'intérêt qui est porté à proposer un jeu le plus complet possible. Il s'agit là d'une édition particulièrement savoureuse, une de celle qui atteint à n'en pas douter une autre classe.

Le petit déjeuner des champions

Alors que PES 2012 n'a pas encore pointé le bout de ses crampons, FIFA 12 inscrit déjà un point important au tableau d'affichage qu'il sera bien difficile d'égaliser. Electronic Arts peut se targuer d'être parvenu à trouver un équilibre efficace et se dote d'une richesse impressionnante qui ne manquera de renouveler les challenges que vous imposerez à vous comme à vos amis. Quel que soit le résultat de la future inévitable comparaison avec le challenger de Konami, FIFA 12 est d'ores et déjà une référence d'authenticité.

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