Forza Motorsport 4, la bonne conduite

Les simulations automobiles sont déjà trop rares. Celles qui mettent un point d'honneur à fournir l'expérience ultime de pilotage le sont un peu plus...

La Forza tranquille

En matière d’exclusivité, Microsoft/Turn10 et Sony Computer Entertainment/Polyphony Digital se livrent une course à la simulation la plus parfaite d’un tel niveau que seule la quête de ce statut importe, le faible écart départageant Forza Motorsport et Gran Turismo ne justifiant pas un passage ‘à l’ennemi’ chez les fans. Cela dit, les dernières versions livrées sur le marché se font l’écho de trajectoires différentes gérées avec plus ou moins de sérénité. Ainsi, si Gran Turismo 5 frôle le mur en ne justifiant que trop peu l’attente et les reports en se perdant dans des considérations futiles, Forza Motorsport 4 poursuit sa ligne de conduite et peaufine ses réglages. Déjà impressionnant avec le dernier volet, cette nouvelle mouture repousse des limites que tous croyaient atteintes, dévoilant au passage les ressources inexploitées jusqu’alors de la console de Microsoft. S’affairant à livrer l’expérience de conduite la plus aboutie, Turn 10 s’est concentré à développer ce point encore un peu plus, peut-être au détriment d’autres aspects comme la météorologie ou l’intelligence artificielle, mais le résultat leur donne entièrement raison. Il a donc fallu faire un tri dans les requêtes des joueurs, toutes n’ont pas été retenues et elles seront certainement relevées par les moins accrocs au bitume. Pourtant le résultat parle de lui-même, parle aux pilotes de tous horizons. L’équipe de développement est par conséquent restée fidèle à ses objectifs, adjugeant à n’en pas douter des priorités entre l’expérience et le contenu.

Sans maîtrise, la puissance n’est rien

Le pilotage est la ligne directrice du jeu. Il s’appuie également sur un garage et un panel de tracés impressionnants. L’âme du titre se trouve dans la volant. Cherchant pourtant à corriger ses erreurs, Turn 10 propose une nouvelle version du mode Carrière, moins ennuyeux que le précédent, mais pas encore au point. Succession de niveaux et de courses en tout genre qui vous feront tâter de bolides de plus en plus puissants et de courses de plus en plus âpres, il manque encore cette dose d’intérêt qui impliquera le joueur jusqu’au bout, histoire de gommer le syndrome de la boucle sans fin. Finalement, l’inconvénient de ce mode est, globalement, l’absence de sensation de progression. Malgré le choix permis sur les épreuves, l’impératif de victoire délaissé image parfaitement ce laxisme en la matière. Et, puisque cet aspect a été évoqué plus haut, l’intelligence artificielle déçoit également énormément tant vos concurrents s’emploient à suivre la trajectoire idéale sans se soucier de votre position, de votre vitesse ou de votre distance de freinage. Trop souvent un carnage, les tôles devant se frotter inexorablement la plupart du temps pour glaner une place, ce ne sont pas les quelques erreurs de pilotage et les expéditions dans l’herbe qui sauront rattraper une attitude systématique en piste qui nuit au plaisir de combattre. Un point sur lequel les rencontres en ligne s’avèrent beaucoup plus jouissives. Il reste à espérer que la gestion des dégâts n’est pas été à l’origine d’une inspiration aussi maladroite.

Entre plaisir et extase

Forza Motorsport nous a toujours habitué à un contenu conséquent et il ne déçoit pas sur ce quatrième opus. L’appréhension du mode solo nous confirme clairement que les impératifs de Turn 10 visaient la qualité et la profondeur du pilotage. Une conduite à la carte est toujours possible en activant/désactivant les aides à la conduite pour permettre aux novices comme aux experts de satisfaire leurs goûts en la matière. Vitrine technologique par excellence, Kinect y va de sa petite démonstration (uniquement sur les courses simples par contre) particulièrement appréciable, même si elle ne justifie clairement pas l’achat de l’accessoire dans ce cas-là. Avec une reconnaissance impeccable des mouvements de volant simulés avec les mains, il faudra se contenter de tourner dans le vide sans gérer l’accélération et le freinage. Plus instinctif dans l’Autovista, il vous permettra de contempler, découvrir et vous délecter des modèles présents sous toutes les coutures. Une présence remarquée donc. La richesse de ce Forza Motorsport 4 se retrouve également dans la communauté avec la personnalisation des modèles, le partage des garages, l’adhésion à un club et les affrontements avec les rivaux. De longues heures de jeu en perspective.

Jusqu’au drapeau à damiers

Clairement dévoué au pilotage, ce Forza Motorsport 4 ne déroge pas à la règle et dépasse ses aînés avec une conduite plus précise et des spécifications de voitures plus pointues et plus réactives. Quelques défauts demeurent, mais ils sont largement pardonnables tant le plaisir de prendre le volant et d’évoluer sur les circuits les plus réputés du monde reste inégalé. Il est facile d’imaginer à quel point nous aurions entre les mains un titre frôlant la perfection avec la délicatesse d’une conduite sous la pluie, des concurrents prenant en compte votre existence et une carrière de pilote digne de ce nom. Cela dit, compte tenu du niveau atteint sur l’essentiel d’une simulation automobile digne de ce nom, Turn 10 saura se concentrer et développer ces points pour remplir complètement son contrat avec la prochaine version.

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