Gears of War 3, l'ultime rendez-vous

Epic Games nous sort la dernière pépite de sa mine d'or. Reste à savoir si, le filon épuisé, la richesse sera assurée.

Développer une trilogie est un exercice compliqué. A chaque nouveau volet, il faut savoir non seulement s'appuyer sur les bases qui ont fait leurs preuves, mais aussi rebondir sur les défauts remarqués pour proposer une expérience toujours renouvelée, assurant une trajectoire ascendante vers l'ultime épisode. Il faut également résister à la tentation de déborder, de vouloir en faire trop, de céder aux horizons commerciaux. Gears of War 3 est le point final d'une épopée frénétique et barbare. Le tout reste de savoir si cet opus sera à la hauteur de ce que tous les fans attendent de lui…

Le rush de la dernière chance

Malgré ses grandes qualités, Gears of War 2 avait la fâcheuse tendance à couper l'action avec des phases de progression ce qui, à la longue, avait tendance à nuire à l'intérêt et à l'implication. Ce genre de déconvenue a complètement été corrigé pour ce dernier opus qui bénéficie d'un rythme soutenu tout du long. L'autre force du jeu vient de sa grande diversité en termes de gameplay, de graphisme et de scénario. La jouabilité profite effectivement de phases différentes qui viennent ponctuer la "monotonie" des combats rapprochés. Mais elle bénéficie aussi de quelques innovations comme le contrôle de nouvelles armes lourdes ou exomachines tout droit débarquées de Lost planet. Des améliorations qui apportent beaucoup de bien dans l'appréhension des situations. Les graphismes plus pointus profitent surtout d'une vaste palette d'environnements, originaux et merveilleusement travaillés, traversés au gré des péripéties de l'équipe. Cette différence a un effet tout aussi positif sur l'impression d'une réelle évolution. Le scénario s'étoffe. Il creuse un peu plus profondément la carapace pour faire apparaître un peu de subtilité émotionnelle. Une sorte de réciprocité intéressante s'installe entre ces éléments récurrents et le rythme du jeu. Le rythme impose de nombreux bouleversements et la présence de cette multiplicité participe à alimenter cette cadence. Gears of War 3 fait tomber les murs. Il dévoile toutes ses facettes. Il exploite complètement son potentiel. Il parvient à assurer un sprint effréné sans jamais s'essouffler tout en proposant une richesse qui est toute à son honneur. Et les reproches qui pourraient viser l'intelligence artificielle de vos ennemis (trop statiques, pas assez entreprenants) et de vos alliés (trop aventureux), le bestiaire (trop vite visité avec des créatures qui auraient pu être utiliser un peu plus souvent, histoire de corser les affrontements) ou bien la durée de vie qui pourrait s'avérer trop légère compte tenu de la saveur exquise de cet épisode sont autant de critères gommés par l'expérience du multijoueur sublimée une fois plus que ce soit par la diversité des modes comme la possibilité de réaliser la campagne en coopération à quatre joueurs. Des idées, des améliorations saupoudrées sur une superbe aventure comme autant de décorations sur un gâteau de départ à la retraite.

Dans la peau d'un Master Chef

Pour ce dernier rendez-vous, Epic Games se paie la part du lion. Plus abouti, mieux maîtrisé, la série connait un vrai final digne de ce nom. Intense et varié, l'équipe de développement est parvenue à donner toute l'ampleur méritée à sa licence. Depuis le temps qu'elle nous mijote sa recette, le résultat a ce goût succulent que seuls l'association des meilleurs mets est capable de produire. Et l'ensemble est d'autant plus appréciable qu'il tombe à point nommé pour cette fin ultime. Une fin que les fans apprécieront à sa juste valeur. Une fin qui ne laissera personne sur sa faim, sans aucun doute.

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