Inazuma Eleven, le coup de chapeau

Inazuma Elven n'est rien de moins que la relève assurée de la série populaire Olive & Tom, parvenant à s'adapter sur console là où son aîné a échoué.
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Ils ne sont pas nombreux les jeux à pouvoir se vanter d'avoir su captiver l'essence d'une série aussi mythique que celle d'Olive & Tom. L'adaptation vidéo-ludique du dessin animé elle-même s'est cassée les dents sur son propre ballon. Inazuma Eleven est bien le seul à sortir du lot en la matière en sachant manier fidélité et personnalité comme il se doit.

Un coup d'envoi décisif

Le rapprochement entre Inazuma Eleven et Captain Tsubasa n'est pas que thématique. Le contexte scénaristique vient aussi marquer à la culotte l'oeuvre de Yoichi Takahashi. Vous incarnez le capitaine d'un club de football à la réputation catastrophique auprès de tous les autres établissements scolaires, le vôtre y compris (tiens donc ?!). Vous apprenez qu'un nouvel élève pourrait s'avérer être le messie providentiel pour rebooster le moral de votre équipe (ah ?). N'ayant pas accès au terrain de votre collège, vous êtes obligé de vous entraîner à l'extérieur, dans un lieu public (vraiment ?). Mais plus que tout, outre le spectre de la dissolution, vous avez l'objectif de remporter le célèbre tournois inter-collèges, le Football Frontier, pour prouver à tous de quoi vous êtes capable en vous frottant aux plus coriaces et populaires équipes de la région... Il faut avouer qu'avec une référence en la matière comme l'animé, il était difficile de s'en écarter.

L'esprit d'équipe

Le parallèle effectué, les choses s'arrêtent là en ce qui concerne la comparaison, car, comme nous vous le disions plus haut, Inazuma Eleven réussit à ouvrir le score là où Captain Tsubasa : New Kick Off botte en touche. Reposant sur les bases de tout RPG qui se respecte, vous aurez à cœur de faire évoluer les performances de vos joueurs, de recruter de nouvelles têtes aux talents intéressants, de récolter de nouveaux équipements aux influences diverses... Tout cela au gré des rencontres que vous ferez, qu'elles soient des défis quotidiens rencontrés sur votre route ou des matchs officiels planifiés. Côté organisation d'équipe justement, vous oeuvrez comme un manager miniature qui détermine les joueurs sur le terrain et sur le banc parmi un vivier pouvant compter jusqu'à cent personnages. Mais vous devrez choisir le type de formation (assez basique cela dit) et les ressources en stock pour rebooster tout ce petit monde si une baisse de régime se faisait sentir. Ici, le gain d'expérience se traduit avec une augmentation des statistiques et des coups spéciaux débloqués qui n'ont rien à envier à la référence. Vous baignez exactement dans les mêmes conditions, les multiples épisodes nécessaires pour traverser le terrain en moins.

Une faute... d'ambition ?

Après quelques rencontres au compteur, le plaisir fait pourtant place à certains regrets récurrents à différents niveaux. Peut-être pas suffisamment pour déconseiller l'achat, mais assez pour s'apercevoir que le titre aurait pu profiter d'une envergure un poil plus large. De la durée très courte des rencontres nait la répétitivité. Mêmes défis, même schéma de jeu et toujours un chronomètre qui joue contre votre plaisir. Cela devient très vite déplaisant. Vous passez finalement plus de temps à mulitplier les matchs hasardeux sur votre chemin que de vraiment vous consacrer au principe du jeu : le football spectacle. Rajoutez à cela des imprécisions techniques qui feront s'envoler une frappe plein cadre destinée à finir dans le filet ou qui laisseront passer le ballon dans vos buts alors que votre gardien est sur la trajectoire... Et, toujours contraint par le manque de temps, vous finirez par vouloir planter vos dents dans le plastique de votre Nintendo DS (une chance qu'elle soit Lite !). Des petits détails qui nuisent sans pour autant altérer l'ensemble. Mais ce manque de finition est palpable. Il ne manquait pas grand chose à Inazuma Eleven pour être complet, l'équivalent d'une prolongation en somme.

La troisième mi-temps

Les reproches apportées ne justifient, tout au plus, qu'un petit carton jaune et certainement pas le rouge de l'expulsion. Inazuma Elven parvient à retranscrire ce que la référence elle-même n'est pas parvenue à réaliser. Avec ces petites séquences cinématiques à la version française bien ficelée, vous plongez au cœur d'une aventure que les plus vieux n'ont eu l'habitude de voir qu'à la télévision jusqu'à présent. Et le système de confrontation ou d'échange en ligne avec vos amis relancent cet intérêt en demi-teinte machouillée par une facilité omniprésente. L'expérience en vaut vraiment le coup. Le titre compte sur des qualités solides qui devraient séduire et lui permettre de sortir des vestiaires la tête haute.

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