Kinect Sports Season 2, l'entorse à la règle

Après un premier essai transformé, Microsoft Games nous propose une nouvelle fournée de disciplines, inédites et déjà vues. Quelle médaille sera attribuée ?

La nouvelle année est finalement arrivée et avec elle une liste de bonnes résolutions à la tête de laquelle figure l’urgentissime nécessité de perdre les kilos accumulés au cours de cette succession de week-ends de fêtes. Pour vous aider dans cette lutte acharnée contre la graisse, Microsoft met à votre disposition une version inédite de Kinect Sports avec sa deuxième saison allouée à la sueur et au dépassement de soi.

Une histoire de comparaison

Mauvaise habitude ou mauvaise volonté des observateurs, Kinect se heurte inexorablement au spectre de la Wii dans sa manière d’aborder les jeux vidéo et leur maniabilité. Au détriment des qualités de l’accessoire de Microsoft et en oubliant facilement les errances de celui de Nintendo, il est difficile de comprendre ce qui est reproché à Kinect si ce n’est son arrivée postérieure à la révolution des wiimotes. Pourtant, à mieux y regarder, il est question de jouer avec son corps là où l’autre a toujours besoin de manettes et pour une précision quasiment similaire. Et nous ne parlons pas des nouvelles spécificités comme la reconnaissance vocale qui enfonce un peu plus le clou. Kinect Sports Season 2 est donc un excellent moyen de mesurer l’écart qui le sépare d’un Wii Sports Resort, histoire de situer les performances sur un terrain ô combien sportif.

Le plaisir de l’effort

Kinect Sports Season 2 est assez physique, mais surtout mitigé finalement dans le contenu qu’il propose. Définitivement orienté vers des disciplines américaines, certains choix sont dédiés à la sueur, d’autres sont réalisés agréablement, tandis qu’une poignée se perd dans une similitude trop appauvrie. A commencer d’ailleurs par ce qui déçoit, nous retrouvons le baseball, le tennis et le golf, sports déjà repris chez Nintendo. Et si le premier d’entre eux cité s’avère plus intéressant en termes de gameplay, les deux autres ne sont que des pâles copies qui n’arrivent pas à approfondir l’expérience. Le golf ne propose qu’une reconnaissance vocale pour se démarquer, le reste n’étant que beaucoup trop superficiel dans la progression et la gestion des mouvements. Le tennis sur Wii est une succession de coups de bras, il en est de même sur X360 avec une précision légèrement plus décevante sur cette dernière. Deux expériences de jeu gâchées au bout du compte qui auraient pu être dédiées à d’autres entraînements pour de nouvelles sensations. Le baseball, par contre, tire son épingle du jeu avec une succession de mouvements intelligents en rapport direct avec l’action à l’écran. Le lancer, la frappe, la course vers la base ou la réception à la volée en fonction du coup de batte donné, le plongeon de la dernière chance… Les manches peuvent être très longues et l’effort soutenu. Un bon point sur cet aspect.

Des petits nouveaux sont également introduis pour l’occasion à l’image du football américain, des fléchettes et du ski. Le premier retranscrit correctement l’esprit du jeu par l’intermédiaire des phases d’attaque et de défense. Seulement vous ne pourrez prendre part qu’à l’offensive et ses quatre temps de jeu pour parvenir au touch down en vous laissant le choix la tactique à appliquer. La gestion devient automatique quand vous perdez le ballon au profit des adversaires, ce qui est bien regrettable. Pour le reste, vous alternez passes, course, évitement de placage et drop comme au cœur d’un match. Un petit régal sur ce point. Les fléchettes représentent ce petit moment de calme et de précision qui vous permet de profiter de l’excellence du jeu, même si un seul mode est disponible à travers le 301. La possibilité d’opter pour d’autres règles n’aurait pas été de trop, participant de concert à enrichir le jeu en collant au plus près de cet esprit party-gaming qui transpire de ce genre de production. Et puis il y a la descente en ski. Inédite et originale, elle se savoure mieux seul qu’à deux, car l’interférence de l’autre participant rend la gestion de la direction très capricieuse. La compétition devient alors une course simple sans prendre en compte les portes à franchir tellement cela devient pénible. En solo, l’inclinaison du corps qui permet d’accélérer et de s’orienter est facilement prise en compte. S’offre alors à vous le plaisir de descendre sur les parcours proposés.

Une carrure olympique ?

En fin de compte, il reste regrettable que Kinect Sports s’entête à vouloir regarder dans le rétroviseur. Si le premier volet marquait des points en proposant déjà quelques disciplines similaires à la concurrence avec le bowling, le ping-pong et la boxe avec un gameplay nettement plus efficace, l’avance n’est plus autant assurée sur les nouvelles références ce qui finalement représente plus une perte de temps et d’investissement qu’autre chose. Cette saison aurait gagné à se démarquer totalement de toute réciprocité. Et si la richesse et l’intérêt des six sports mis en avant sur le premier essai atteignait 100%, il régresse aujourd’hui à 75%, malgré les défis possibles via le xbox live, malgré la reconnaissance vocale mise en place, malgré les inédits développés… Heureusement que le plaisir collectif et les fous rires demeurent en attendant une saison 3 beaucoup plus équilibrée et surtout beaucoup plus autonome.

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