Le Royaume de Ga'Hoole : La Légende des Gardiens

Le Royaume de Ga'Hoole : La Légende des Gardiens sera sans doute celui du mois de mars à venir, lors de sa sortie en DVD.

Compte tenu du peu d'engouement suscité auprès de la presse à travers les (trop) rares zooms qui lui étaient consacrés, il n'était pas évident de considérer la réalisation de Zack Snyder autrement que comme une belle poignée de poudre technologique dans les yeux des spectateurs. Et pourtant, même si Le Royaume de Ga'Hoole : La Légende des Gardiens ne semblait pas voler bien haut, cette production pouvait compter sur d'autres atouts qui lui permettrait de se défendre bec et ongles (enfin plutôt bec et griffes en l'occurence).

Au raz des pâquerettes... géantes

Il fallait pourtant laisser sa chance à cette aventure qui, effectivement, repose sur de l'animation de haut vol. Le détail des plumages, le réalisme des mouvements, la pureté visuelle des environnements, la diversité des races, la cohésion graphique générale sont autant de qualités qui alimentent le plaisir des yeux. Mais l'expérience de Ga'Hoole est beaucoup plus profonde qu'il n'y paraît, grâce à une mise en scène aérienne sur laquelle plane l'ombre mystique d'une référence comme Conan Le Barbare. Une rivalité entre deux frères aux tempéraments différents qu'une précipitation d'évènements plonge au cœur d'une légende nous renvoie à quelques battements d'ailes de cette fresque épique de John Milius. Car si le conte rebondit sur des mécanismes maintes fois repris dans les films destinés aux plus petits à travers l'évolution du héros et de ses compagnons, l'ambiance n'est pas aussi cocooning qu'à l'habitude. Il règne des embruns de cruauté et de violence, lourds de messages commémoratifs, qui accaparent aussi l'attention des plus vieux.

Un nid douillet

Usant des couleurs chaudes ou froides selon que vous devez sentir le réconfort ou la peur, la plénitude ou la tension, le film ne manque de vous transporter à travers la musique de David Hirschfelder. Lyrique et épique, elle vient appuyer les scènes et renforcer les émotions. Tandis que l'aventure déploie ses ailes, il est étonnant de constater avec quelle facilité il est possible d'apprécier cette envergure qui use, certes, de subterfuges grossiers mais diablement efficaces pour nous plonger au cœur de l'action. Outre l'humble carrure adoptée, la force de cette œuvre est l'harmonie dont elle bénéficie. Beauté visuelle, implication scénaristique, immersion musicale, dialogues sympathiques... Les romans de Kathryn Lasky regorgeaient suffisamment de potentiel pour proposer une expérience différente à l'écran que les habituelles fables gentillettes. Chacun y trouve finalement son compte dans ce tourbillon de péripéties qui vous paraîtra toujours trop court.

De la poésie visuelle super chouette !

La richesse de l'univers et le résultat affiché laissent penser qu'avec une petite heure supplémentaire, il aurait été possible d'atteindre un niveau de fidélité incomparable. Tant de choses partagées en si peu de temps vous font forcément regretter que tout se déroule si vite. Les personnages attachants, une quête transposée à l'échelle des Strigidae et des Tytonidae, une nature impliquée dans toute sa splendeur qui ne subit pas les conséquences de l'inconscience collective humaine transmet une foule de messages forts qui renforcent ce sentiment d'injustice quant à l'accueil qui a été réservé à ce film. Limite boudé, certains n'auront pas manqué de lui voler dans les plumes sans vergogne. Seulement, il est bien triste de se priver d'une telle découverte. Et si les salles obscures ne vous ont pas compté parmi les spectateurs qui auront accordé leur confiance à la dernière production de Warner Bros de l'époque, dites-vous que vous aurez bientôt l'occasion de réparer cette erreur avec la sortie prochaine des versions DVD et Blu-Ray le 2 mars prochain !

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