Mass Effect 2 en orbite sur PS3

Une exclusivité vole en éclat. Une année lumière plus tard, la référence SF qui sévissait sur Xbox 360 arrive enfin sur Playstation 3.

La différence entre les religieux les plus fervants et les adeptes du culte Mass Effect est une notion d'espoir. Les premiers n'ont que ce dernier en point de mire, alors que les second savaient que le Commandant Shepard reviendrait parmi eux. En revanche, ces deux catégories complètement distinctes auront peut-être été toutes les deux victimes du même aveuglement de la foi; celui-là même qui vous fait joindre les mains en priant pour que les maux de ce monde se résolvent par l'opération du Saint Esprit ou qui vous laisse penser d'instinct que la suite d'une référence du genre sera forcément tout aussi incroyable. Alors qu'au final, la réalité requiert peut-être quelques sacrifices...

Une référence discutée

Les notes accordaient au jeu une moyenne digne des plus grands chefs d'œuvre vidéoludiques. Et pourtant, les avis n'étaient pas unanimes, en proie à ce qu'ils considèraient alors comme une déception. Pour ce deuxième épisode, Bioware a opté pour des options de gameplay qui changent fondamentalement l'expérience de jeu. Concrètement, l'essentiel des reproches concerne l'amaigrissement à l'extrême de l'aspect RPG avec la suppression pure et simple d'une majorité de possibilités (améliorations des armes, gestion de l'équipement des personnages, réduction des caractéristiques, inventaire disparu). Il semblerait alors que ce volet opère un inversement de tendance. Car si le côté RPG perd de son assise, les phases d'action se veulent plus nombreuses et plus travaillées. Bioware a donc privilégié une révision de la structure du jeu au dépend d'un ingrédient majeur de cette formule qui rendait l'original si ennivrant. A partir de là, bon nombre de détails viennent rejoindre la liste des critiques comme une aventure trop linéaire, des villes moins vastes, des quêtes annexes moins nombreuses, une durée de vie principale offensante, un système de loyauté biaisé... Si nous nous en tenions à ce requisitoire, le titre n'aurait rien d'extraordinaire. Bien au contraire.

Une évolution en question

Et pour cause! Là où Bioware entreprend des restrictions, c'est pour mieux reporter son attention sur la correction et la compensation. L'essentiel du travail a consisté à développer les phases d'action. Les améliorations et les innovations rendent les affrontement beaucoup plus dynamiques et fluides. Si les mémoires s'en rappellent, le jeu connaissait de grosses longueurs soporiphiques. Aujourd'hui, il est rendu nettement plus nerveux, notamment avec cet accent mis sur la multiplication des rixes. Cet état de fait est aussi dû à des décisions assumées comme la restriction des environnements qui les rend moins pénibles à arpenter d'un bout à l'autre. Et si les quêtes annexes sont moins nombreuses, elles n'en sont pas pour autant dénuées de toute qualité. Autre exemple de la sincérité de la démarche de développement: la disparition des phases d'exploration en Mako. L'évolution des armes profite d'un nouveau système mis en place, qui repose essentiellement sur la récolte de minerais durant les opérations commandos ou en jouant du scanner à la surface des planètes (phases qui remplacent alors celles avec le module au sol). Il faut se rendre compte alors que le déséquilibre n'est pas si grand que cela entre les genres. Certes, l'un est plu favorisé que l'autre. Mais l'expérience n'en est pas rendue mauvaise pour autant.

Un univers absorbant

Si Mass Effect 2 renie un peu de son origine, il adhère complètement à l'univers qui a été mis en place. Il s'intègre parfaitement et développe encore un peu plus cette richesse contextuelle. Scénario et histoires personnelles des intervenants s'intègrent à merveille à cet univers. Il paraît évident que ce niveau de soin et de détails apportés pour rendre le tout encore plus convaincant, époustouflant et concordant alimente cette envie récurrente de vous immerger complètement. Il est vrai que le jeu n'est pas dénué de défauts comme les temps de chargement trop nombreux et trop longs. Le déroulement de l'aventure est aussi critiquable tant il rend l'arrivée du dénouement final trop évidente. Or, d'autres petits points viennent ternir le tableau comme cette fameuse claque graphique annoncée et qui n'est pas réellement au rendez-vous. Même si le niveau reste bon, il n'a rien à voir avec ce qui nous avait été laisser imaginer. D'ailleurs, les bugs d'affichage sont réguliers, faisant disparaître vos coéquipiers la plupart du temps. Il faut aussi compter avec des couacs sonores qui vous privent des fins de phrase, les rendant ainsi incompréhensibles si vous n'avez pas opté pour le sous-titrage. D'un point de vue maniabilité, les mouvements du personnage souffrent d'une incohérence qui laisse une faille béante à vos ennemis. D'ailleurs, si les combats sont plus fluides et plus abordables, ils sont surtout rendus plus faciles. Les phases de Mako qui n'étaient pas si horribles que tout le monde voulait bien le dire ont été remplacées par des opérations de prospection encore plus laborieuses et ennuyeuses.

Et sur PS3, what else?

Rien de nouveau sous le soleil en ce qui concerne les bases techniques. La perte d'exclusivité n'a en rien influencé une quelconque évolution du moteur graphique qui nous ramène bien une année en arrière. Cet aspect suffira amplement aux septiques pour les faire rebrousser chemin et ravaler leur excitation. Et il faut avouer que, parfois, l'affichage à l'écran pique un peu les yeux. Cela étant dit, cette mouture se distingue essentiellement par l'apport de contenu généreux prévu pour l'occasion. Regroupant les extensions Kasumi: La Mémoire Volée , Suprématie et Le Courtier de l'Ombre , la durée de vie est démultipliée. Gargantuesque, cette version est également intelligente avec l'intégration d'une BD interactive qui permet non seulement de récapituler les évènements du premier épisode, mais qui offre la possibilité de réaliser les choix qui auront des conséquences dans ce second épisode. Pour le coup, il est bien dommage que la version Xbox 360 n'en ai pas bénéficié auparavant. Au final, même si l'arrivée de la meilleure expérience de science-fiction ne s'accompagne pas d'une rénovation technique, elle débarque avec suffisamment de lots de consolation pour convertir les possesseurs de Playstation 3 au charme de John Shepard.

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