Need For Speed: Hot Pursuit, la morsure du bitume

L'ère du tuning et la mode Fast & Furious n'auront pas réussi à venir à bout de cette franchise aussi vieille que la venue au monde de la PlayStation.
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Nombreux sont ceux qui, de tout temps, ont passé leur vie à chercher un moyen de revenir d'entre les morts. Que ceux qui, aujourd'hui encore, espèrent toujours parvenir à transformer le plomb en or cessent leurs recherches. Car là où ils ont échoué, Criterion Games a su percer la recette de la résurrection.

Et si les journalistes de la presse spécialisée se bornent à comparer la série Need For Speed à sa propre histoire, ce studio de développement a su ramener à la vie des souvenirs d'une époque bien plus lointaine encore, celle où Titus Interactive semait la terreur sur les routes avec sa licence Crazy Cars. Un temps que trop peu de joueurs connaissent désormais...

Sur la route, toute la sainte journée...

Pour quelques puristes purs et durs, la série Need For Speed est décédée il y a maintenant de trop nombreuses années. Pétillante, novatrice et ambitieuse à ses origines, le succès l'a complètement pervertie jusqu'à finir sur le trottoir des dernières tendances en vogue pour attirer l'attention de quelques jeunes âmes peu scrupuleuses d'abuser de l'ombre qu'elle était devenue. Chaque nouvel opus était cependant l'occasion d'espérer à un renouveau, mais ne générait qu'une nouvelle déconvenue jusqu'ici.

Pour Hot Pursuit, Electronic Arts a confié l'avenir de sa série au génie dynamique de Criterion Games. Grand bien leur a pris! Ceux qui ont transcendé le concept de Burn Out à son paroxysme ont eu matière sur laquelle s'appuyer pour donner un nouvel élan à ce moteur, qui peinait à ne pas caler définitivement.

La courtoisie au volant pour les nuls

Elle n'est pas régie par les mêmes valeurs d'un camp à l'autre et c'est bien pour ça que les policiers se lancent à la poursuite des pilotes de la route. Voilà un concept qui vous permettra soit d'apprécier de tenir la dragée haute aux forces de l'ordre, avec en mémoire ce procès verbal infligé récemment pour un excès de vitesse dérisoire par rapport à celui que vous adoptez à l'écran; soit d'exploser de bon cœur les pneus d'un fuyard sur votre herse, en repensant à cette priorité refusée par un octogénaire dépassé par la mécanique moderne.

Jouissif, rapide, dynamique, fluide, souple et beau, il faudrait être vraiment difficile pour ne pas apprécier Need For Speed: Hot Pursuit. Il faut dire qu'avec un garage d'une telle qualité (dans lequel se côtoient des constructeurs aussi prestigieux que Porsche, Ferrari, Lamborghini, Bugatti, Mercedes et bien d'autres encore), un gameplay varié et musclé (qui permet non seulement à l'exigence de la conduite à haute vitesse et aux sensations de l'arcade de cohabiter, mais aussi d'intégrer des capacités d'interception stratégiques, une gestion des dégâts à surveiller et des raccourcis à analyser) et le challenge multijoueur des temps à battre, ce jeu a tendance à captiver votre attention pour un bon bout de route.

Une possible crevaison lente

Malgré ses atouts bien aiguisés, celui qui redore le blason d'une maison déchue depuis trop longtemps n'est pas en reste de quelques défauts d'envergure. Si les bases sont bien implantées, il est dommage que cet oiseau-là ne se soit pas donné la pleine mesure de déployer complètement ses ailes. Divertissant à souhait, il est regrettable, parallèlement, de palper aussi rapidement des limites à ce titre.

Sur quelques points primordiaux, Hot Pursuit plafonne et frôle le point de rupture. Même si sa durée de vie en solo est en partie sauvée par la présence d'Autolog (le logiciel qui tient à jour les classements du Speedwall pour vous tenir informé des temps de vos amis à battre ou pour comparer les photos prises en jeu), la progression reste succincte.

Le manque de renouvellement des environnements comme des modes de course finissent par alimenter une monotonie corosive. Quant au multijoueur, il reste des plus basiques s'agissant des options qu'il propose, même si l'expérience mérite d'être vécue. Une contre-partie affichée qui, à défaut de ne pas enlever le mérite de retrouver un succès mérité, interdit Need For Speed: Hot Pursuit d'atteindre le statut de référence.

La touche du divin

À l'image d'un artiste dont la "patte" est reconnaissable à travers ses œuvres, ce nouvel épisode transpire l'influence de Criterion Games. De cette maîtrise de la course automobile, la maniabilité s'en ressent bien évidemment pour arriver à se voir de peu au volant d'un des bolides de Burn Out. Cette référence est également palpable à travers les accidents et autres crashs dans le trafic, prétextes aux ralentis et mises en scène spectaculaires.

L'autre point commun à ce studio de développement est cette capacité à retourner une tendance et permettre à des licences de prendre conscience du potentiel qu'elles possèdent et l'exploiter convenablement pour le plus grand plaisir des joueurs. Electronic Arts peut se féliciter de cette association et peut d'ores et déjà renouveler le contrat sur une suite, qui permettra alors de donner la pleine mesure à ses possibilités, lesquelles ne sont qu'en partie exploitées aujourd'hui.

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