PilotWings Resort, y'a-t-il un pilote dans l'avion ?

Ecartelée entre l'envie de ressuciter une licence culte et le désir d'étaler sur la table les attributs de sa 3DS, Nintendo finit par trahir ses fans...

Il fallait certainement à Nintendo une excellente raison pour choisir la Nintendo 3DS comme plateforme de prédilection pour le grand retour d'une licence comme PilotWings. L'occasion laisserait donc penser qu'un tel titre bénéficiera de l'intégralité des potentialités techniques de cette nouvelle console portable pour se montrer à la hauteur de la référence culturelle qu'est cette série et ainsi transcender la dernière expérience en date rencontrée sur Nintendo 64.

Chassez le naturel…

Depuis que la firme japonaise a su révolutionner l'appréhension du jeu vidéo, elle baigne dans une politique commerciale à outrance en même temps que le marché s'est adressé au plus grand nombre. Cette manie s'est très vite manifestée sur la Wii, où très peu de titres se sont finalement destinés aux aspirations des joueurs moins grand public que la cible privilégiée. Du coup, le réflexe instantané pour contenter deux audiences différentes est systématiquement de faire appel aux grandes icônes de Nintendo qui ont marqué une génération de fans, prêts à suivre aveuglément toute nouvelle production tirée des aventures de Mario, Samus, Link, Kirby et consorts. Cette réflexion serait tout à fait inappropriée, gratuite et injustifiée si ce nouvel opus de PilotWings n'avait d'autres intérêts que de développer ce genre de jeu qui n'a pas plus de motivation que de proposer une démonstration technique, sans approfondissement particulier pour sustenter les joueurs de la première heure (pratique très en vogue depuis quelques temps chez Nintendo malheureusement). Cela dit, malgré cet aspect très discutable des directions empruntées, PilotWings Resort semble bénéficier d'une sorte d'immunité auprès de la presse spécialisée, protection qu'il doit alors à son concept particulier et aux souvenirs agréables sur les autres consoles qu'il remémore. Il suffit pourtant de lire le titre de ce jeu pour déjà savoir à quel niveau d'investissement vous allez avoir à faire…

Il revient par le ciel !

PilotWings Resort… Deux mots pour vous signaler que vous allez revivre l'aventure qui est apparue sur Super Nintendo en 1990 à la sauce contemporaine des Miis. Un joyeux programme remplie d'ironie et de sarcasmes ? Pas forcément, puisque le niveau technique puise allègrement dans les ressources de cette nouvelle 3DS. Très beau graphiquement (malgré le minimalisme inspiré par l'univers habituel des Miis), affichant une 3D appréciée et appréciable, répondant (maladroitement) aux fonctions gyroscopiques, le jeu réalise un bon parcours techniquement. En ce qui concerne le contenu, il s'agit d'une toute autre histoire. Ne proposant que deux modes, le premier basé sur des missions spécifiques à remplir au mieux (pour décrocher des étoiles) et le second vous permettant une exploration contrôlée (car limitée dans le temps pour trouver les trésors cachés), il est difficile de se satisfaire de ce qui ne représente qu'un encas finalement, même pour une portable. La présence de différents appareils n'y changera rien. L'absence de fonctions multi-joueurs est d'autant plus aberrante que non seulement elle est devenue systématique aujourd'hui, mais qu'elle aurait permis au titre de combler cette défaillance qui nuit à son intérêt et à sa durée de vie.

Le lèche-vitrine selon Nintendo

PilotWings Resort reste à la fois fidèle à cette jouabilité particulière qui l'a consacré en son temps et à la politique de Nintendo de mettre en avant les atouts de la plate-forme concernée. Il en ressort un titre agréable, mais horriblement limité. Une simple vitrine technologique destinée à vanter les avantages d'une nouveauté dont le rôle est surtout de remplir une ludothèque bien insipide en matière de jeux dignes de ce nom. Il ne reste plus à cette référence que le souvenir d'une époque, où les qualités intrinsèques d'une console se mesuraient aux nombres de hits incontournables. Une ère désormais révolue…

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