Plantes vs Zombies, une histoire de mains vertes

Addictive à souhait, la petite merveille des studios Popcap Games vous suggère d'observer votre jardin sous un nouvel angle...

Jamais le résultat d'une étude n'aura su regrouper une telle unanimité scientifique. Pour s'être penché sur les pires fléaux sanitaires au taux de dépendance destructeur, le tabac et la drogue se sont vus voler la vedette par l'industrie du jeu vidéo avec en fer de lance un certain Plantes vs Zombies. Des résultats affligeants donc qui ne manquent pas de pointer du doigt, une nouvelle fois, une presse spécialisée beaucoup plus accaparée par des soucis de popularité plutôt que de vérité.

Un jeu qui ne manque pas de cervelle

Plantes vs Zombies fait partie de cette liste noire des jeux qui vous rendent dépendants, complètement accroc à l'odeur de la matière grise en ébullition. Il faut dire que le cadre du jeu (une invasion de zombies que votre main verte devra repousser à défaut de les satisfaire avec votre boîte crânienne) s'appuie sur un concept ô combien efficace qu'est le Tower Defense. Le principe est simple : pour repousser les assauts par vagues d'envahisseurs, vous devez disposer stratégiquement des systèmes de défenses adaptés aux différents types d'ennemis sur une zone d'action bien délimitée avec des zones de passages pré-établies. Rien de très compliqué à priori sur le papier, sauf que certaines règles viennent corser la pratique au fur et à mesure que les niveaux s'enchaînent. Ainsi, c'est en essayant de prendre timidement la température du bout de l'orteil que vous vous ferez littéralement happer par ce titre aussi séduisant qu'intéressant.

Il faudra donc jongler entre les différentes espèces de plantes, leurs applications spécifiques et leur coût pour venir à bout des hordes de morts vivants toujours plus imposantes. S'établit alors une double gestion stratégique des ressources et des défenses à adapter en fonction du flot et du type d'intrus. Le juste milieu ne sera pas toujours évident à trouver, bien que l'éventail des possibilités vous laissera libre de choisir une technique agressive/offensive ou préventive/défensive. Choisir les armes dont vous disposerez à chaque début de niveau (car vous n'avez le droit de posséder qu'un certain nombre d'entre elles) régira (et scellera aussi le plus souvent) votre combat à venir. Mais vous pourrez également compter sur l'accumulation de votre trésor de guerre, glaner pièce par pièce, pour vous offrir quelques extras pour votre confort matériel qui ne seront pas à négliger si vous voulez survivre.

Des conséquences dramatiques minimisées

Ils sont très peu nombreux ceux qui parviennent à sortir indemnes de l'expérience sans perdre quelques semaines de leur vie sociale. Pourtant, la presse s'est occupée de camoufler l'impact derrière des critiques de circonstance qui trouvent aisément une contrepartie en face. Jeu déjà édité sur d'autres plateformes, niveau techniques inférieur, prix indécent, intérêt limité… Comme à leur habitude, les rédacteurs savent rivaliser d'imagination pour imposer leur vision des choses et, en l'occurrence, dissimuler les effets dévastateurs de cette dépendance. Jeu déjà présent sur PC et Iphone, version Nintendo DS au prix largement trop exagérée (20€) et amputée de certaines séquences, niveau technique à la ramasse sont autant d'arguments qui permettent à nos professionnels de regarder cette mouture de travers. Et sur ce terrain, leur crédibilité est sans faille, eux qui n'hésitent pas à attribuer les notes d'honneur qui justifient l'achat de ces rééditions d'une autre époque qui profitent haut la main de cette tendance incompréhensible du rétrogaming et de la nostalgie. Chacun voit midi à sa porte. Pourtant, Plantes vs Zombies sur la console de Nintendo est une mouture qui n'a pas à rougir des points qui lui sont reprochés tant elle se montre complète avec son mode solo conséquent, ses mini-jeux à débloquer et son mode multi-joueurs qui conviennent parfaitement aux typologies de son support. Ceux qui décideront donc de craquer pour une telle expérience ne devraient pas se tromper de beaucoup et passer d'excellents moments en compagnie du cadavre de Nicolas le jardinier revenu sur son terrain de prédilection pour vous susurrer deux ou trois conseils à l'oreille entre deux bouchées de cervelle.

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