Portal 2, la réflexion interdimensionnelle

Petit ajout bonus à l'origine, Portal 2 s'impose d'ores et déjà comme un titre à part entière. Reste à savoir s'il saura tenir les promesses de son aîné.

Et si la meilleure création de l'homme était à venir ? Imaginez un peu la révolution qu'apporteraient les portails dimensionnels, notamment dans le domaine des transports. La facilité et l'immédiateté ne seraient plus uniquement le domaine de prédilection de Moundir, l'aventurier de l'amour. Un progrès de folie auquel l'équipe de Valve est bien décidée de mettre un frein en compliquant quelque peu le contexte d'utilisation. Portal était une claque créative. Portal 2 serait-il la consécration ?

Une autre dimension

Avec Portal, le jeu vidéo démontre encore une fois qu'il n'est pas uniquement capable de voguer sur les tendances du moment. Tout comme l'évolution (à une échelle beaucoup plus restreinte), la créativité connait des explosions d'inspiration qui tiennent du génie. Bien inspiré par le moteur graphique et l'ambiance d'Half-Life dont ils sont les garants, les développeurs de Valve Software n'ont pas hésité à s'appuyer sur leurs acquis pour illustrer un nouveau concept. Sous des aspects de FPS, une parenthèse à la tradition destructrice est ainsi apposée, les seules pressions de gâchette n'ayant pour but que de vous ouvrir de nouvelles possibilités de fuite. Votre principale motivation sera pourtant la survie, mais certainement pas au détriment de la vie d'autrui. Il vous faudra percer à jour des énigmes de plus en plus complexes dans des environnements de plus en plus surprenants sur un fond scénaristique riche de rebondissements et d'intérêt.

Pourtant les débuts de Portal 2 alimentent un sentiment d'anxiété face à la répétitivité des salles, auxquelles vous vous croyez condamnés avant que l'histoire ne s'emballe. C'est alors que, sans réellement vous en rendre, vous devenez accroc. Vous devenez ce rat de laboratoire guidé par la volonté de résoudre les difficultés, asservi par l'envie de découvrir le sort qui vous est réservé derrière la prochaine "porte", enchaîné à un univers et une ambiance si particulières. Le gameplay qui repose sur l'ouverture de vortex pour déjouer les pièges est toujours aussi excellent et efficace. Mais le jeu n'est pas uniquement une succession de puzzles. Il séduit également par sa personnalité, celle-là même qui met en œuvre des personnages atypiques et sympathiques (malgré leurs mauvais côtés), ainsi que des environnements visuels et sonores qui se répercutent comme autant d'échos culturels qui vous rappellent au bon souvenir des aventures de Gordon Freeman, de celles de Wall-E (inspiration graphique notamment) ou encore celles vécues au cœur de Rapture dans Bioshock (sentiment tout à fait personnel à une certaine étape du jeu). Le sujet est maîtrisé, le plaisir est au rendez-vous.

L'expérience originale par excellence

Jeu à part entière, Portal 2 renforce et améliore donc les mécanismes de la narration et du gameplay qui ont fait son succès. Il intègre également de nouveaux éléments totalement grisant à l'image de la coopération. La transformation est amplement transformée, même si la durée de vie (bien que confortable) n'offre pas de fenêtre de "rejouabilité" très large. Frôlant à plusieurs reprises la répétition, Valve joue de l'art subtile du changement de rythme avec maestria. Hypnotique, l'efficacité n'est plus à prouver tellement elle vous accapare un peu plus longtemps devant l'écran au fur et à mesure que vous multipliez les résolutions. Portal 2 confirme tout le bien que nous pensions déjà de son concept et bien plus encore.

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