Qui sera le prochain président du Mexique?

En 2012, les Mexicains voteront pour élire leur président. Trois personnalités se déclarent prêtes à briguer le poste suprême.

En juillet, les mexicains ont rendez-vous avec les urnes pour choisir celui qui succédera au président Felipe Calderón. L’enjeu est crucial pour le pays traumatisé par la violence des narcotrafiquants qui semble ne plus avoir de limites. Si les présidentiables ne se sont pas officiellement lancés dans la course – les candidats des différents partis seront annoncés officiellement en novembre – trois personnalités ont déjà commencé leur campagne.

La femme - Josefina Vázquez Mota

Le continent latino-américain continue dans sa lancée de féminisation de la politique avec Josefina Marquez Mota. « Le Mexique est prêt à être gouverné par une femme », déclare haut et fort l’unique candidate féminine (Novedades Acapulco, 17/08/2011).

A 50 ans, cette économiste de formation ne manque ni d’aplomb, ni d’expérience. D’abord ministre du Développement social sous la présidence de Vicente Fox, elle a également exercé la fonction de ministre de l’Education de l’actuel chef du Mexique de 2006 à 2009.

La « candidata » donne la priorité à l’éducation et à la lutte contre le crime organisé, afin de redonner stabilité et sécurité au pays. La lutte contre les narcotrafiquants a fait plus de 3000 morts depuis le début de l’année et on en dénombrait 34 600 en 2010 (Le Monde, 7 avril 2011). Josefina Vázquez Mota a récemment déclaré que les politiques, juges et hommes d’affaires ayant des connivences avec les réseaux criminels seraient envoyés en prison dès qu’elle accéderait au rang présidentiel (Milenio, 25 septembre 2011).

Membre du Parti d’action nationale, (PAN, conservateur), elle devra affronter au moins deux autres candidats de sa famille politique: Ernesto Cordero, ministre de l’Economie, et Santiago Creel, sénateur et ancien ministre de l’Intérieur de Vicente Fox.

Le favorito - Enrique Pena Nieto

Faca à elle, le favori des sondages : Enrique Pena Nieto. A 45 ans, l’ancien maire de Mexico a attendu la fin de son mandat pour proposer sa candidature et déclarait à la chaîne Televisa, le 20 septembre dernier : « Oui, je veux être président du Mexique».

Membre de l’opposition, Enrique Pena Nieto appartient au Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) qui a quitté le pouvoir en 2000 (élection de Vicente Fox).

Le PRI compte sur le bilan négatif de la présidence de F. Calderon, notamment en ce qui concerne la guerre contre les narcotrafiquants, pour reprendre les rênes du pouvoir.

Or, la popularité du candidat tient plus à ses compétences en communication qu'à ses résultats dans les affaires publiques : marié à une star des telenovelas –feuilletons à l’eau de rose-, il est le chouchou des médias et tout particulièrement du groupeTelevisa.

Au sein du PRI, la seule personnalité susceptible de disputer la candidature à M. Pena Nieto est l'ex-président du Sénat, Manlio Fabio Beltrones.

L’assoiffé de revanche : Andrés Manuel López Obrador

Quant à Andrés Manuel López Obrador (AMLO), il est sûrement le plus connu des candidats. Figure emblématique de la gauche mexicaine, populaire, il défend le Parti de la révolution démocratique (PRD) dont il fut l’un des fondateurs en 1989.

Ce grand orateur au visage bienveillant va tenter d’être le candidat des différents mouvements de la gauche (PRD, Parti des Travailleurs, Convergencia et Morena). Il se réunira la semaine prochaine avec Marcelo Ebrard (PRD), le gouverneur de l’Etat du Mexique, pour décider qui sera le représentant de la gauche pour la présidentielle.

Candidat malheureux en 2006, AMLO avait perdu face à F. Calderón avec moins de 0,6 points seulement d’écart. Un résultat qu’il continue de contester et qui lui donne des envies de revanches pour 2012.

Selon Humberto Moreira, le leader du PRI, AMLO est le seul « concurrent sérieux » qui pourrait faire de l’ombre au parti (El Universal, 26 septembre 2011).

Au total, neuf candidats se préparent pour la course à la présidentielle. Le journal de référence, El Universal, propose quotidiennement de suivre l’actualité de ces personnalités « Los presidenciables Hoy » (eluniversal.com.mx).

Le Mexique aura besoin d’un chef de l’Etat solide pour répondre aux nombreux maux qui métastasent le territoire : drogues, violences, crise économique, corruption... L’autre enjeu consiste à redonner confiance aux citoyens envers la machine publique, et d’oublier le traumatisme de la présidentielle de 2006.

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