Emile Gallé, précurseur de l'Art Nouveau

Quel est le parcours artistique de ce maître verrier, père de nos plus belles pièces en cristal dignes de nos plus grands musées ?
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L'Art Nouveau est un mouvement artistique de la fin du XIXe et du début du XXe siècle qui s'appuie sur l'esthétique des lignes courbes. Emile Gallé a impulsé ce mouvement, en inventant une nouvelle technique de marqueterie de verre, qui lui apportera une renommée mondiale. Cette technique permet d'obtenir une infinité de variations de couleurs et des motifs très détaillés.

Qui est Emile Gallé ?

Emile Gallé est né à Nancy le 4 mai 1846 et il termine sa vie dans la même ville le 23 septembre 1904. Il est l'une des figures les plus emblématiques de son époque, dans le domaine de l'art verrier, et un pionnier de l'Art Nouveau.

Ses parents possèdent un magasin de porcelaine et cristaux dont l'activité est florissante. Emile Gallé reçoit une éducation bourgeoise tant dans le domaine littéraire qu'artistique. C'est à l'âge de 31 ans qu'il prend la direction des différents ateliers de travail de verre et de céramique mis en place par son père. Il crée à Nancy, en 1885, ses propres ateliers d'ébénisterie, puis en 1894 sa cristallerie. Son entreprise est un véritable succès sur le plan économique, commercial et financier.

Son premier grand succès date de 1884, année de la huitième exposition des arts décoratifs à Paris. A l'exposition universelle de 1900, il remporte un véritable triomphe car ses oeuvres suscitent un vif intérêt, tant au niveau national qu'international.

Technique de marqueterie de verre

Attention, il existe souvent une méprise entre pâte de verre et marqueterie de verre. En effet, les deux termes prêtent souvent à confusion. La pâte de verre désigne une technique consistant à garnir un moule de verres colorés amené à une température de fusion pour souder les grains (le démoulage se fait ensuite), tandis que la pâte de verre présente souvent un aspect granuleux, mat et cireux. C'est une autre technique qui aboutit à une autre forme d'art, également recherchée aujourd'hui.

Si Emile Gallé connaissait cette technique, la majorité de sa production était soufflée, non pas en verre mais en cristal, c’est-à-dire avec adjonction de sels de plomb. Il ajoutait des couches nouvelles colorées d’oxydes métalliques et des inclusions avant de souffler la pièce de cristal. Il la retravaille par la suite en ajoutant des inclusions nouvelles de feuilles d’or ou d’argent.

A partir de 1890, Emile Gallé travaillera, de façon laborieuse, pour mettre au point la fameuse technique de la marqueterie de verre. Cette pratique correspond à une minutieuse coordination entre le travail à chaud et le travail à froid. En 1898, la technique de marqueterie de verre est enfin finalisée. Elle permet d'obtenir une infinité de variations chromatiques ainsi que des motifs très détaillés.

Emile Gallé dessinait lui-même ses modèles pour les pièces de qualité ou il donnait des instructions très précises à ses collaborateurs. Mais il n'a pas seulement dessiné des pièces rares et uniques. Afin d'assurer la prospérité économique à sa manufacture, il va diffuser plus largement ses productions, de façon industrielle. Il utilise alors le principe de la gravure à l'acide sur des verres comportant plusieurs couches de couleurs différentes. Cette technique est toujours utilisée aujourd'hui. Ce sont souvent ces pièces, fabriquées industriellement, qui sont présentées à la vente chez les marchands, car les pièces uniques se trouvent généralement conservées dans les musées.

Sur chaque pièce Gallé apposait sa signature avec des variantes qui donnent lieu à un catalogue précis. Après la mort de Gallé, en 1904, les verreries continuèrent à produire jusqu'en 1914. Sa signature est alors accompagnée d'une étoile jusqu'en 1908.

Quelques conseils pour reconnaître un vrai "Gallé"

La surface intérieure des vases authentiques "Gallé" doit être lisse et sans aspérité. Le prix peut être aussi une indication. Comme toujours, il est préférable d'acheter une pièce chez un antiquaire qui pourra vous procurer une facture et un certificat d'authenticité. La signature n'est pas un critère, sauf si elle a été apposée du vivant d'Emile Gallé. Seul un expert pourra vous le certifier.

Le meilleur conseil reste celui de visiter les musées d'Art Nouveau, ou mieux de visiter le musée de l'Ecole de Nancy. En effet, le meilleur moyen de comparaison entre un faux et un vrai "Gallé" est d'approcher de près toutes ces merveilles pour voir la densité des couleurs, la transparence du cristal, la finesse des dessins...

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