Le vêtement de travail : image d'une profession

Les habits suivent la mode sauf quand ils sont imposés par le code du travail et de la sécurité: ils deviennent alors une tenue de travail.
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La tenue professionnelle est un vêtement fourni par l'employeur et dont le salarié doit se faire obligation de porter pendant ses heures de travail. Elle a pour but d'éviter de se salir, de maintenir l'hygiène des produits lors de la manipulation ou d'assurer la protection individuelle du salarié. Cette tenue doit correspondre à des normes de sécurité imposées par le code du travail.

Il existe de nombreux exemples de précautions dans différents métiers comme les tenues blanches dans le milieux hospitalier ou dans le milieu alimentaire; l'utilisation de gants; le port de chaussures de sécurité antidérapantes, avec embout renforcé; les casques sur les chantiers...

Ces mesures ont pour objectif de respecter des normes d'hygiène ou d'assurer la protection du salarié.

Obligation employeurs - employés

Le port du vêtement du travail est obligatoire par l'employé si l'analyse des risques en a démontré l'utilité et cette tenue doit être conforme à une série de normes en vigueur. L'employeur doit fournir gratuitement les vêtements de travail et doit veiller à leur nettoyage et autre entretien. Dans ce cas, la tenue doit rester sur le lieu de travail.

Il existe une dérogation si la convention collective stipule que l'employé a droit à une prime ou une indemnité s'il assure lui-même l'entretien de sa tenue. Dans ce seul cas, bien entendu, il peut ramener ses vêtements professionnels à son domicile.

Article R. 4321 du code du travail: «L'employeur met à la disposition des travailleurs, en tant que de besoin, les équipements de protection individuelle appropriés et, lorsque le caractère particulièrement insalubre ou salissant des travaux l'exige, les vêtements de travail appropriés. Il veille à leur utilisation effective.»

Entretien: C'est l'employeur qui prend en charge le nettoyage des vêtements de travail.

Ce point est important, certains vêtements porteurs de germes, par exemple, ne doivent pas être lavés dans le lave-linge familial. D'autre part, le non respect des conditions de lavage (température, etc) imposées par le fabricant peut détériorer le vêtement, il peut ainsi ne plus répondre aux normes de sécurité. Ainsi des bandes réfléchissantes peuvent ne plus être réfléchissantes au fil de lavages qui ne respectent pas les conditions d'entretien fixées par le fabricant.

Pour les travailleurs intérimaires, tous les équipements doivent être fournis gratuitement, soit par l'entreprise, soit par la société d'intérim conformément au code du travail.

La genèse de la tenue professionnelle

C'est la révolution industrielle qui va amorcer la conception du vêtement de travail. Au XIXe siècle, la couleur bleue symbolisera la couleur du monde ouvrier. L'introduction de nouvelles machines dans les manufactures va entraîner de nombreux accidents et le vêtement traditionnel sera remis en cause. Certains secteurs vont innover, surtout dans les milieux de grosse production, telle que la sidérurgie. C'est à cette époque que la notion «bleu de travail» apparaîtra. Les supérieurs hiérarchiques ou chefs de bureau se distinguaient des ouvriers en portant une blouse blanche ou grise.

Les premiers vêtements étaient fabriqués en coton, tissu lourd et résistant au lavage. Aujourd'hui les fabricants ont opté pour un tissu plus léger, comme le polyester ou le synthétique, facilement lavable.

Image véhiculée par l'entreprise

Dans beaucoup de cas, le vêtement de travail permet de distinguer les professions entre elles, par exemple un boulanger d'un mécanicien. Depuis quelques années, des entreprises utilisent ce vecteur vestimentaire à des fins publicitaires ou pour tenter de renforcer l'esprit d'équipe ou la cohésion d'une entreprise. Des vêtements colorés, avec un logo innovant, peuvent véhiculer un esprit dynamique, jeune comme le ferait un salon de coiffure par exemple. Au contraire, des tenues plus classiques peuvent accentuer le côté sérieux ou paternaliste de l'entreprise.

Dans certains métiers, l'identité professionnelle s'affiche donc par la tenue vestimentaire. Un banquier se doit de porter un costume, un prêtre une soutane, un médecin une blouse, l'avocat la robe...

Le salarié peut aussi ressentir une certaine fierté d'arborer son appartenance à un métier par le biais de l'habit, même si «l'habit ne fait pas toujours le moine».

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