Vision européenne sur le douloureux problème de l'euthanasie

En France, l'euthanasie est punie d'une peine d'emprisonnement, alors que dans certains pays européens cette pratique est encadrée et légale.
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Étymologiquement, euthanos signifie la "bonne mort". Sa signification a évolué avec le temps d'où la polémique qui divise la population dans notre société. En effet, ce terme est réservé à la pratique qui consiste à donner la mort à un malade incurable dans le dessein d'alléger ses souffrances.

Il faut distinguer deux types de pratiques. L'euthanasie active qui consiste à donner la mort et l'euthanasie passive qui consiste à arrêter les traitements ou l'acharnement thérapeutique.

Cadre législatif en France

Pour une question d'éthique et pour éviter les dérives possibles, les sénateurs ont rejeté la proposition de la loi en faveur de la légalisation de l'euthanasie dans la nuit de mardi 25 janvier 2011, par 170 voix contre 142. L'article qui visait à légaliser cette pratique a été tout simplement supprimé.

Cet article stipulait, que "toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable, peut demander à bénéficier d'une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur".

L'euthanasie active est donc assimilée à un homicide. Quant à l'euthanasie passive ou l'abstention thérapeutique est considérée comme non-assistance à personne en danger. Le code de déontologie médicale exclut totalement ce genre de pratique en faisant obligation morale au praticien d'accompagner le mourant jusqu'à sont dernier moment.

Dans les prochaines années, une avancée politique visant à légaliser l'euthanasie ou du moins le droit "à la fin de vie" en France sera inévitable. En effet, les moyens thérapeutiques et l'assistance médicalisée ont connu une évolution très rapide sans tenir compte de la liberté individuelle de chacun face à la maladie. Ces systèmes hautement technologiques sauvent des vies de façon artificielle mais empêchent aussi de mourir dignement, ce qui est paradoxal. Il est urgent de trouver un équilibre entre la dualité de la vie et de la mort. Le deuxième aspect est le libre arbitre que chaque individu a le droit de conserver face à sa mort.

Les pays européens précurseurs dans la légalisation de l'euthanasie

Le 1er avril 2002, les Pays-Bas deviennent le premier pays au monde à l'égaliser l'euthanasie : la loi exempte le médecin de poursuites judiciaires s'il respecte certains "critères de minutie". La Belgique suit cet exemple le 23 septembre 2002. Au Luxembourg, l'euthanasie et l'assistance au suicide sont légaux depuis mars 2009.

En Suisse, un médecin peut fournir à un malade condamné et désirant mourir une dose mortelle d'un médicament que celui-ci prendra lui-même. En Norvège, un médecin peut décider de ne pas traiter un patient agonisant à sa demande. Au Danemark, depuis fin 1992, on peut faire un "testament médical" que les médecins doivent respecter.

On note une différence entre la forme passive et la forme active. Par exemple en Allemagne, l'euthanasie est actuellement interdite dans les textes mais sa forme passive est tolérée.

En Espagne, la Catalogne est la première région autonome qui a reconnu aux malades le droit de refuser un traitement médical et en Italie l'euthanasie passive est tolérée.

En général, on peut noter une évolution des directives en Europe vers l'euthanasie passive ce qui a l'avantage de respecter la volonté et la liberté du patient sans culpabiliser ou impliquer la conscience du médecin.

L'aide médicale au suicide assisté

Un débat sur l'euthanasie est inévitable à cause de l'évolution technique qui permet de maintenir en vie des personnes atteintes de pathologies qui autrefois les auraient conduites à la mort.

Il existe un décalage entre l'opinion et la législation. Dans la plupart des pays développés, l'opinion publique se prononce en faveur de l'euthanasie.

La vraie question est de savoir comment éviter l'acharnement thérapeutique en fin de vie ou en cas de cas accidentels lourds. Les médecins ont parfois des choix difficiles à faire face à la souffrance, non seulement physique, mais aussi psychologique du malade. Les traitements anti-douleurs apportent une aide passagère mais ne suppriment pas la douleur mentale.

CONT12

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