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PATRICK GOMES

Publié dans : Les articles Culture de Patrick Gomes

Un prêtre publie les confessions de ses paroissiens

Pour un prêtre, publier les confessions de ses fidèles, c’est une trahison, une faute morale ou rien de bien grave ?

Dans un ouvrage intitulé « Brèves de confessionnal », un prêtre publie les confessions de ses paroissiens. L’homme d’Église, conformément à son rang, étant lié par le secret professionnel, avait-il le droit de publier ces « perles » au nom de l’humour et du partage ? 

Tri sélectif 

L’ouvrage se divise en quatre rubriques distinctes : les cas de possession, l’amour sous toutes ses formes, les personnages bibliques et une dernière catégorie qualifiée d’inclassable, chacune étant précédée d’une courte introduction. Le lecteur peut ainsi lire les rubriques suivant un ordre quelconque sans que cela ne nuise à la compréhension.

Une préface rassurante… ou pas 

Si, au préalable, cet ouvrage peut représenter un bon moment de divertissement, comment éviter que le paroissien se sente floué par les indiscrétions de ce prêtre en qui il a placé toute sa confiance ? 

Dans la préface, le curé qui se présente sous un pseudonyme, assure que tout est fait pour que l’anonymat soit respecté et stipule que tous les paroissiens ont donné leur accord ; mais l’on peut s’apercevoir, à la lecture de ce bouquin que les citations s’étendent sur plusieurs décennies. Ne peut-on donc pas, à juste titre, émettre l’hypothèse que, durant un laps de temps aussi long, certains aient déménagé, d’autres sont peut-être décédés ou ont, tout simplement, changé d’église et n’ont sûrement pas donné le moindre aval à cette publication ? 

Un anonymat bien arrangeant 

Dans le Code de Droit Canonique, il apparaît que, selon le droit canon n° 983 § 1, « le secret sacramentel est inviolable ; (…) il est absolument interdit au confesseur de trahir en quoi que ce soit un pénitent, par des paroles ou d’une autre manière, et pour quelque cause que ce soit ». Cependant, il n’est pas défendu de rapporter des propos tenus si ceux-ci ne sont liés d’aucune sorte à celui ou celle qui les a tenus. 

Mais cet anonymat est à double tranchant ; autant il préserve les paroissiens de toute possibilité de reconnaissance, autant il préserve l’auteur, ce qui peut mettre en doute le moindre de ses mots. 

Reconnaissons qu’il est impossible à quiconque de faire le lien entre l’auteur et son lieu de villégiature. Le prêtre a pris un pseudonyme et ne donne aucune indication quant à la localisation de son église. Cependant, le lecteur ne sait pas, par exemple, si les hautes instances de l’Église sont au courant de cette publication et si elles ont donné leur accord. Pour aller plus loin, rien ne prouve vraiment que l’auteur soit effectivement un homme d’Église. Ce livre pourrait n’être que la mise en page d’une imagination, certes, prolifique, d’un citoyen lambda, d’autant que le livre est publié sur Amazon, sous le libellé d’une maison d’édition connue ni d’Ève ni d’Adam. 

Finalement, où est le mal ? 

Si l’homme, croyant ou non, se pose la question sur la moralité de cette publication, il apparaît que celle-ci a été faite sans aucune volonté de nuire. Quoi qu’il en soit, si ces citations sont bien issues d’un confessionnal, il est alors bien heureux de voir que l’être humain sait encore rire de lui-même.

À propos de l'auteur

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PATRICK GOMES

Ecrivain, touche à tout et curieux de nature...
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