La pause cigarette sans solde

En Belgique, la pause cigarette est, désormais, décomptée du salaire. Idée révolutionnaire ou discrimination ?
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Depuis le que la loi anti-tabac du 1er janvier 2008 a frappé un grand coup en interdisant de fumer dans les restaurants, bars et discothèques, provoquant, de ce fait, la fermeture de bon nombre d’établissements de ce type, la porte semble ouverte à tous les excès. Aujourd’hui, c’est au tour de la Belgique, qui décompte les pauses cigarettes du salaire.

Une interdiction de plus

Depuis lundi dernier, les salariés qui s’octroient un laps de temps pour fumer une cigarette verront ce même temps, défalqué de leur salaire. La dépêche du midi du 5 octobre 2011 rapporte que Hugo Poliart, porte-parole de l'administration régionale a annoncé : "La règle, c'est que quand on sort ou qu'on rentre du bâtiment, on s'enregistre à la pointeuse". Cette idée concerne quelque 10 000 fonctionnaires de la région wallonne. La France n’est pas, pour le moment, concernée par ce concept qui ouvre la porte à toutes les polémiques ; pourtant, certaines entreprises françaises auraient déjà pris des dispositions similaires. Le président de l'Office français de prévention du tabagisme (OFT), le professeur Dautzenberg avoue ne pas être choqué par ce débat et préconise une discussion "entreprise par entreprise afin de ne pas marginaliser les fumeurs".

Une autre époque

Il y a environ 20 ans, la cigarette faisait encore partie du décor naturel. Bien sûr, il y avait déjà les éternels anti-fumeurs qui harcelaient à tout va le premier quidam qui osait se promener, comme l’on dit vulgairement, avec "la clope au bec", mais même si pas mal de fumeurs ne prenaient pas la peine de respecter son ennemi de toujours, l’anti-fumeur, les réclamations de celui-ci restaient, le plus souvent, sans suite.

Déclaration de guerre

La loi commence à se durcir dès 1992 avec l’interdiction de fumer dans les gares, les aéroports et les hôpitaux. Toutefois, cette même loi oblige ces établissements à disposer d’au moins, une salle fumeur. Depuis le 1er février 2007, il est interdit de fumer dans tous les lieux publics. Un fumeur irrespectueux de cette loi encourt une amende allant de 58 à 450€. Cela coûtera, à un employeur, 1500€ en cas de désobéissance.

Toujours plus fort

D’après le quotidien 20 minutes du 16 septembre 2011, le département du Transport des États-Unis souhaite interdire l’e-cigarette sur ses vols domestiques et internationaux. Les États-Unis veulent légiférer sur ce point, car aucune loi n’existe encore. Le secrétaire du département Ray LaHood estime une législation nécessaire afin "…d’éviter toute confusion sur l’utilisation des e-cigarettes en vol et de garantir le confort des usagers." Rappelons toutefois que l’e-cigarette est une cigarette virtuelle qui contient une batterie de lithium qui vaporise une solution de nicotine liquide. Cette fumée peut être inhalée sans danger et sans la moindre odeur.

De plus en plus seuls

Sans faire la moindre apologie du monde du tabac, il est clair que les fumeurs se sentent de plus en plus isolés. Plus question d’exhiber fièrement sa cigarette dans les lieux publics ou sur leur lieu de travail. Il y a un vieil adage qui correspond parfaitement à la vie du fumeur actuel : "pour vivre heureux, vivons cachés". Mais où sont donc passées les affiches qui florissaient sur les devantures des buralistes dans les années 90 et qui revendiquaient fièrement : « Fumeurs, non-fumeurs, la liberté, c’est réciproque » ?

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