Delphine de Vignan se livre avec succès

L'écrivaine de talent Delphine de Vigan publie un roman autobiographique qui rencontre succès de foule et succès critique.
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On ne parle que d’elle en ce moment, et c’est bien normal. Son roman « Rien ne s’oppose à la nuit » (avec un titre emprunté à la chanson « Osez Joséphine » d’Alain Bashung) raconte la vie de sa mère, Lucile, personnage atypique, tourmenté, tout en souffrance et qui finira par se suicider à l’âge de 60 ans.

Car Lucile est bipolaire. Toute sa vie, elle va se chercher, elle va passer de la dépression à une excessive envie de vivre. Du blanc au noir, sans arrêt. Elle sera internée à plusieurs reprises, ce qui ne suffira jamais à la remettre définitivement sur pieds, malgré dix années relativement paisibles à la fin de sa vie, et avant une rechute fatale.

Delphine de Vigan ne se contente pas de raconter sa mère, elle décrit aussi la famille entière, ses grands-parents, ses oncles et tantes, s'attarde sur l'enfance de toute la ribambelle. Une famille dans laquelle le nombre de décès (accidents ou suicides) fait frémir. Une famille dans laquelle la joie de vivre et la débrouillardise cachent peut-être de grandes souffrances.

Georges, le grand-père permissif qui laisse ses enfants s’épanouir librement pendant qu’il tente de faire carrière dans la publicité. Son épouse, Liane, qui lui vouera un amour absolu et élèvera leurs neuf enfants avec une passion qui force l’admiration. Et toute leur clique d’enfants – oncles et tantes de l’auteure – dont certains mettront du temps à se détacher de cette famille certes aimante, mais parfois pesante.

Pour la rédaction de l'ouvrage, Delphine de Vignan les a interrogés tous, un par un, afin de retracer avec le plus de précision possible le passé de sa mère Lucile. Elle explique d'ailleurs ces différents entretiens, ainsi que les doutes qui l'assaillent tout au long de la rédaction.

Pas une débutante

Ce qui frappe, c’est la capacité de l’auteure à se mettre à nu sans vulgarité ni misérabilisme. Elle raconte sa mère, retranscrit certains de ses écrits jamais publiés, elle se livre également elle-même, mais le récit n’est jamais oppressant ni lourd.

Auteure de six romans (dont « Jours sans faim » et « No et moi »), Delphine de Vigan n’en est pas à son coup d’essai avec ce roman qu’on cite déjà pour le Goncourt 2011.

« No et moi » avait déjà rencontré un grand succès en 2007. Delphine de Vigan y racontait la vie d’une jeune fille surdouée qui se lie d’amitié avec une sans-abri de 17 ans, pour le meilleur et pour le pire.

Un auteur à compter désormais parmi les plus attendus en France.

Rien ne s’oppose à la nuit, éditions Jean-Claude Lattès

Prix du roman Fanc 2011

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