Le déni de grossesse

Comment se sentir proche d'un enfant qui vient d'arriver dans votre vie? Le déni de grossesse est pourtant une réalité médicale trop souvent ignorée...

Le déni consiste à nier pour soi une émotion violente. En relation, un déni de grossesse se définira par le fait pour une femme enceinte de ne pas avoir conscience de l’être. Mystérieux à souhaits, le déni ne se résume pas qu’à un phénomène psychique. Comme peut l’être, notamment, une grossesse nerveuse. Cependant, il ne faut négliger l’environnement physique et social (familial et professionnel) qui n’accorde pas un accueil favorable à l’enfant de ces futures mères. La découverte de la grossesse dénomme un déni partiel ou absolu puisqu’il peut se poursuivre jusqu’à l’accouchement.

Un enfant par surprise

Comment se sentir proche alors d’un enfant décidé à entrer dans votre vie pour la partager? De manière complaisante lorsque les autres ont eu neuf mois pour s’apprêter à recevoir un nouveau-né. Bien que le processus d’attachement à un enfant reste complexe, certaines mères n’y arrivent avec plus ou moins de succès. Ce qui n’exclut en rien le dessein aimant du couple mère-enfant.

Absence du masque de grossesse …

Le déni empreinte le chemin d’une grossesse qui ne se voit pas. Aucun changement notoire ne trouble le quotidien. Alors que les règles ou les saignements génitaux nient toute présence de symptômes de nausées, de fatigues… la prise de poids et la modification du volume des seins sont, par conséquent, faibles. Ainsi, le corps en a-t-il jugé utile? Concédant à la mère un mécanisme de défense. Le fœtus bouge peu, il se développe en secret.

Les instants merveilleux

Quasi neuf mois, dès le résultat positif du test de grossesse, de complicité qui ne s’établira pas. Il n’y aura pas de photos de la grossesse, pas plus de souvenirs à partager, de caresses, de gestes singuliers, de promesses inavouées. Tous ces moments rares, ces instants merveilleux montrant que le bébé va bien. Intime conviction de petits indices enlevés. Frustration latente.

La cause

L’origine d’un déni de grossesse est variée et changeant. Les facteurs associés à une stérilité supposée, des gestations très rapprochées, un contexte familial (notamment, constaté pour les adolescents), l’enfant d’une liaison extraconjugale, un bébé non désiré, une grossesse résultant d’une agression sexuelle en sont essentiellement la cause.

Le risque d’infanticide

Aussi, l’accouchement s’accompagne alors d’un état de sidération. Le choc psychologique est très important. Une crainte que l’on peut imaginer aisément. D’autant que le travail de la mise en couches est souvent très rapide et perçu comme un besoin d’aller à la selle: ces bébés naissent souvent dans les toilettes. La mère se met fortement en danger avec les risques d’hémorragies consécutifs à l’enfantement. Il n’est pas rare qu’un accouchement esseulé se solde par la mort du bébé. Tantôt accidentellement ou par un manque de soins suite à un traumatisme crânien ou bien à une intervention de la mère.

Cette confrontation brutale avec la réalité peut occasionner une vraie peur panique qui peut conduire à des pulsions infanticides. Nonobstant cela engendre moins de 10% des dénis de grossesse. Un drame d’une gravité peu commune relayé par les médias. Toutefois, le déni de grossesse reste méconnu. L’Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse se bat pour qu’il soit juridiquement reconnu.

Entendu que chaque femme perçoit sa grossesse différemment. Certaines vont se sentir mères dès qu’elles percevront les mouvements du bébé, d’autres à l’accouchement, sinon bien plus tard, petit à petit, au fur et à mesure.

Sources

Je ne suis pas enceinte: enquête sur le déni de grossesse , Gaëlle Guernalec Édition Stock

Elles accouchent et ne sont pas enceintes, Dr Sophie Marinopoulos et Pr Israël Nisand

http://www.planning-familial.org/

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