Michel Auclair, un acteur charismatique

De "La belle et la bête" de Jean Cocteau à "Mille Milliards de Dollars" de Henri Verneuil, Michel Auclair aura marqué le cinéma grâce à l'élégance de son jeu.
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De son vrai nom Vladimir Vujovic, Michel Auclair est né le 14 septembre 1922 à Coblence, en Allemagne. Le jeune Vladimir est le fils de Wislaw Vujovic, avocat yougoslave, et de Charlotte Caspar, biologiste française et belle-sœur de Jean Marchat. Elle pousse son fils vers le théâtre. C’est ainsi qu’il suit les cours d’art dramatique au Conservatoire de Paris et débute en 1940 au Théâtre de l’Oeuvre auprès de Jean-Louis Barrault. Il joue un répertoire classique et moderne.

Des débuts prometteurs dans le cinéma

Michel Auclair joue pour la première fois au cinéma dans « Les malheurs de Sophie » (1945) de Jacqueline Audry. Il tourne ensuite au côté de Jean Marais dans La belle et la bête (1946) de Jean Cocteau. Les rôles qu'on lui propose alors sont souvent ceux de personnages mauvais et durs : pour René Clément il incarne Willy Morus, un membre de la Gestapo dans Les maudits (1947) et Henri-Georges Clouzot lui donne le rôle de Des Grieux, personnage infâme et cruel, dans Manon (1949). Michel Auclair est néanmoins reconnu pour la subtilité de son jeu. Dans les années 50, Michel Auclair tourne pour les plus grands réalisateurs : André Cayatte (« Justice est faite »), Julien Duvivier (« La fête à Henriette »), Sacha Guitry (« Si Versailles m’était conté ») ou encore Jean Delannoy (« Maigret et l’affaire Saint-Fiacre », dans lequel Jean Gabin incarne le célèbre commissaire).

Un acteur au talent international

Son immense talent est reconnu sur le plan international. En 1957, il est choisi par Stanley Donen pour jouer le rôle du professeur Emile Flostre dans « Drôle de frimousse » (Funny Face) où il a pour partenaire Fred Astaire et Audrey Hepburn. Dans les années 60, sa carrière cinématographique ralentit : Michel Auclair préférant se consacrer au théâtre. L’acteur joue aux côtés de Roger Planchon dans « Tartuffe » de Molière, « Jules César » ou encore « Richard III ». Mais Michel Auclair est toujours présent au cinéma. Il apparaît dans « Une fille pour l’été » de Edouard Molinaro, dans lequel il est Philippe un jeune peintre désabusé. Le cinéaste Gilles Grangier le dirige dans « Le voyage du père » (1966) et « Sous le signe du taureau » (1968) respectivement aux côtés de Fernandel et Jean Gabin.

A partir des années 70, Michel Auclair se voit confier des seconds rôles où son talent et son jeu d’acteur reste toujours aussi élégant. En 1972, il incarne le colonel St-Méran, un officier français pendant la guerre d’Algérie, dans « Décembre » de Mohammed Lakdar-Amina. L’année suivante, il est au générique de la super production « Chacal » (The day of the Jackal) de Fred Zinnemann qui relate une tentative d’assassinat sur le général de Gaulle. On le verra ensuite dans « Sept morts sur ordonnance » de Jacques Rouffio, ou « Le juge Fayard dit « Le shérif » réalisé par Yves Boisset.

Michel Auclair : un second rôle très demandé

L’année 1980 démarre très fort puisque il jour dans « Trois hommes à abattre » de Jacques Deray, avec Alain Delon où il jour le rôle de Leprince l’assistant cynique et sans pitié d’Emmerich. Le film connaît un très gros succès commercial lors de sa sortie. L’année suivante, Michel Auclair retrouve Alain Delon dans « Pour la peau d’un flic » réalisé par l’acteur lui-même ou il joue le rôle de Haymann, un policier à la retraite. L’acteur aborde le registre comique dans « Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ » de Jean Yanne, « Mille milliards de dollars » de Henri Verneuil, ou « Le bon plaisir » de Francis Girod où son personnage est au cœur du pouvoir.

Mais Michel Auclair a également beaucoup tourné pour la télévision : il a tourné notamment dans les séries « commissaire Moulin » ou « Les cinq dernières minutes » ainsi que dans plusieurs téléfilms. Acteur doté d’un charisme indéniable, mais homme discret, il meurt d’une hémorragie cérébrale le 7 janvier 1988 à Fayence dans le Var. Ce jour-là, le cinéma français perdait l'un de ses plus grands comédiens. Le dernier film interprété par Michel Auclair, "Preuve d'amour" sortira au cinéma deux mois après sa disparition.

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