2011, année charnière pour le prodige Yoann Gourcuff

Le meneur de jeu de l'Olympique Lyonnais et des Bleus est loin de répondre aux attentes cette saison. La nouvelle année sera son juge de paix.
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Un but, quatre passes décisives en 981 minutes cette saison en Ligue 1 : c'est le bilan proche du fiasco de Yoann Gourcuff depuis qu'il a rejoint l'Olympique Lyonnais. Après cinq mois de compétition, le meneur de jeu rhodanien est loin d’avoir justifié les 22 millions d’euros déboursés par l'OL pour son transfert durant l’été.

Mais ses statistiques alarmantes ne disent pas tout du climat de désarroi et d’incompréhension qui l’entoure. Au-delà, c’est son image qui est en train de se brouiller. Rapidement devenu icône médiatique dans la foulée de son titre de meilleur joueur de L1 au printemps 2009, Gourcuff court depuis de désillusions en camouflets.

Avec l'OL, il déçoit autant qu'à Bordeaux

Sur le terrain d’abord, il n’a qu’en de rares occasions confirmé la partition éblouissante qui contribua à la conquête du premier titre de champion de Bordeaux depuis 1999. Son influence dans le jeu girondin (12 buts, huit passes décisives) était alors à son zénith. La saison suivante, Gourcuff a disparu de la circulation (six buts, sept passes décisives), son déclin épousant la trajectoire en chute libre d’une équipe bordelaise apparue exsangue pendant toute la deuxième moitié de championnat. Ses premiers pas avec Lyon sont à l’avenant : décevants.

En coulisse, c’est presque pire. Chouchou il y a un an et demi des titres spécialisés pour ses talents de manieur de ballon (le nouveau Zidane !), chouchou de tous les autres pour ses mâles attributs (le nouveau Beckham !), le beau gosse breton voit progressivement son étoile pâlir. La débâcle du Mondial sud-africain est passée par là, qui a écrit la chronique d’un affrontement clanique au sein de l’équipe de France, dont Gourcuff fut le héros contraint.

Maldini et Tigana l'attaquent

Plus virulentes encore furent les attaques portées par Paolo Maldini dans les colonnes de L’Equipe en novembre dernier. Le défenseur emblématique de l'AC Milan y dressait le portrait d'un jeune joueur au comportement égoïste, devenu au fil du temps "un corps étranger au groupe". Une charge qui visiblement a ébranlé le Lyonnais , jusqu'alors globalement épargné par la critique.

Et puisque les langues se délient, Jean Tigana, le successeur de Laurent Blanc à la tête des Girondins, lui a également adressé un tacle en se déclarant "choqué" par la manière dont il avait déserté l'Aquitaine dans les dernières heures du mercato estival. Ambiance…

Coups bas, trahisons, règlements de compte : de tout cela, Christian Gourcuff, son père et agent, assure que le jeune prodige (24 ans) saura se relever. C'est à souhaiter. Pour l'équipe de France, où son association avec Samir Nasri tient de la promesse séduisante. Pour l'attrait de la Ligue 1, également, un championnat où les stars, les vraies, se comptent en ordre dispersé. 2011 dira si Gourcuff en a l'étoffe.

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