Emmanuel Adebayor, un "bad boy" dans les rangs du Real Madrid

Précédé d'une réputation de caractériel, Emmanuel Adebayor va-t-il s'assagir au contact de José Mourinho qui vient d'obtenir son arrivée au Real Madrid ?

José Mourinho n’est pas homme à ménager ses troupes. Avec Emmanuel Adebayor fraîchement promu dans les rangs du Real Madrid, l’entraîneur portugais va s’en donner à cœur joie. Grand, puissant, athlétique, félin, l’attaquant togolais réunit nombre de paramètres décisifs à son poste. On ajoutera obstiné et malicieux, deux euphémismes pour signifier qu’avec lui on a affaire en vérité à un authentique "bad boy". De ceux capables de chambouler une vie de vestiaire.

Privé de Coupe Gambardella pour motifs disciplinaires

Le Togolais n’a pas attendu longtemps pour faire parler de lui. Dès ses premiers pas en France, il montre de quel bois il sait se chauffer. Quitte à s’en mordre les doigts. En 2001, c’est depuis les tribunes du Stade de France qu’Adebayor assiste à la victoire du FC Metz contre Caen, en finale de la Coupe Gambardella (2-0). Privé de terrain. Son entraîneur d’alors, Pascal Janin, l’a sanctionné dans la semaine précédant la finale pour motifs disciplinaires. Un choix plutôt courageux. A cette époque, Adebayor, dix-sept ans, est pourtant le meilleur buteur de la jeune équipe messine.

Jean Fernandez le chambre sur le Real... Valladolid

D’ailleurs, il va rapidement prendre ses aises au sein de l’effectif professionnel. Trop à l’aise peut-être même. Ses treize buts dans le championnat de Ligue 2 durant la saison 2002-2003 commencent à susciter les appétits de clubs réputés. De grands noms circulent, dont déjà celui du Real Madrid. Son entraîneur, Jean Fernandez, goûte peu les envies de départ d’Adebayor et ses incartades dans la vie de groupe. Le Real ? « S’il continue comme ça, ce sera le Real Valladolid », balance, vachard, celui qui s’est fait une spécialité de révéler de jeunes talents.

Il claque la porte de la sélection togolaise...

En fait, c’est à Monaco qu’Emmanuel Adebayor poursuivra son apprentissage avant l’envol pour l’Angleterre, destination Arsenal. Sous la conduite d’Arsène Wenger, le grand « Manu » semble s’acheter une conduite. Ses incartades, c’est sous le maillot de la sélection du Togo qu’elles se produisent. En 2006, en pleine Coupe d’Afrique des Nations, Adebayor se met ainsi de lui-même au ban de l’équipe, vexé d’avoir été désigné remplaçant par le sélectionneur Stephen Keshi avant un match contre le RD Congo. Keshi a eu beau se rétracter, pour Adebayor le mal est fait. « C’est comme si Zidane revenait en équipe de France et qu’on le laissait sur le banc », s’indigne-t-il face aux micros.

... et se bat à l'entraînement avec Kolo Touré

Cette saison, c’est avec Manchester City que le tempérament orageux d’Adebayor s’est exprimé. Barré par Carlos Tevez à la pointe de l’attaque des Citizens, le garçon a rongé son frein jusqu’à n’en plus pouvoir. Début janvier, il en est venu aux mains avec son partenaire Kolo Touré après un tacle un peu trop appuyé à son goût au cours d’un entraînement. Touré se chargera de minimiser l’incident : « Avec Adebayor, ce n’est ni la première fois, ni la dernière fois. C’était déjà le cas à Arsenal. »

José Mourinho va adorer.

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