Messi le prouve, l'avenir du football appartient aux petits

Avec son 1,69 m, Lionel Messi, (ré)élu Ballon d'Or 2010, fait figure d'exception dans le football moderne. De quoi redonner le sourire aux "petits".

Elu Ballon d’Or 2010, après l'avoir déjà été en 2009, Lionel Messi dénote dans le football moderne avec son mètre 69. Preuve qu’en football comme en toute chose, ce n’est décidément pas la taille qui guide le talent.

Le FC Barcelone, un cas à part

La Masia, le centre de formation du FC Barcelone, n’a jamais été très regardante sur le gabarit de ses aspirants pros. Plutôt que des gabarits musculeux, c’est une technique balle au pied et un jeu collectif huilé que façonnent les entraîneurs catalans. De fait, la taille n’a jamais été un obstacle pour intégrer le Barça, comme en témoigne l’histoire de Lionel Messi.

Arrivé en provenance de Rosario, une ville de la province de Santa Fe en Argentine, celui qui enfant était affublé du sobriquet de « pulga » (puce en espagnol) souffrait d’un déficit d’hormones de croissance. Aucun club argentin ne pouvant assurer la prise en charge financière de son traitement, Messi fut envoyé par ses parents au FC Barcelone, où l’on fut davantage sensible à ses prouesses balle au pied que rebuté par son physique malingre. La famille s’installa donc en Catalogne et « Léo » devint le prodige que l’on connaît aujourd’hui.

Iniesta, Xavi, Messi, un trident format XS

Aujourd’hui, le FC Barcelone s’appuie sur un trident formé de Lionel Messi, Xavi et Andrés Iniesta, tous « flashés » à 1,70 m ou moins. Xavi et Iniesta (1,70 m chacun) sont indispensables au Barça, comme ils le sont à l’équipe d’Espagne, sacrée championne du monde en 2010 en Afrique du Sud. L’attaquant espagnol Krkic Bojan, 1,70 m, vient compléter le contingent catalan des joueurs de petite taille.

A titre de comparaison, le Real Madrid, meilleur ennemi du Barça, ne compte aucun joueur mesurant 1,70 m ou moins.

En Ligue 1, les « petits » ne sont pas légion

Cinq clubs (Arles-Avignon, Bordeaux, Montpellier, Nancy et Saint-Etienne) n’ont dans leur effectif aucun joueur de 1,70 m ou moins. Et l’on ne recense, toutes équipes de Ligue 1 confondues, que onze joueurs sous les 170 centimètres : Frédéric Sammaritano (1,69 m ; Auxerre), Yoann Bigné (1,68 m ; Brest), Anthony Deroin (1,63 m ; Caen), Geoffrey Doumeng (1,68 m ; Lens), Maxime Blanc (1,65 ; Lyon), Mathieu Valbuena (1,63 m ; Marseille), Ludovic Giuly (1,64 m ; Paris SG), Adrien Javier Gunino (1,67 m ; Toulouse), Adrien Regattin (1,66 m ; Toulouse), Amara Karba Bangoura (1,69 m ; Valenciennes).

Il est à retenir que cette liste étroite est très majoritairement formée de garçons évoluant au poste de milieu de terrain et que rares sont les joueurs titulaires récurrents dans leurs clubs. Seuls le Parisien Ludovic Giuly et le Marseillais Mathieu Valbuena peuvent être considérés comme des joueurs-phares du championnat.

Pour mémoire, avant son retour en France via le PSG, Giuly avait mené un bout de carrière plutôt concluant du côté du… FC Barcelone (2004-2007).

Lille, le « Barça » à la sauce française

Le LOSC, qui fait actuellement sensation en haut de tableau de Ligue 1, présente la particularité de présenter un milieu de terrain dominé par des joueurs de petits gabarits : Eden Hazard, la pépite belge du club nordiste, donne le « la » avec son mètre 71, une taille également revendiquée par Florent Balmont, Rio Mavuba et Ludovic Obraniak. De là à dire que Lille est le Barça français...

Petits joueurs mais immenses stars

En fait, l’histoire du football n’a pas attendu l’avènement du FC Barcelone de Messi, Xavi et Iniesta pour porter au pinacle des joueurs courts sur pattes.

Le dieu vivant argentin Diego Maradona qui permit à l’Albiceleste de remporter la Coupe du monde 1986 ne mesurait que 1,66 m. De même, côté brésilien, le dribbleur fou Garrincha, en plus d’être affublé d’une colonne vertébrale défaillante et de jambes arquées, devait composer avec un petit 1,69 m. Ça ne l’empêcha pas d’être sacré champion du monde en 1958 et 1962. Son compatriote Romario, auteur de 55 buts en 70 matches avec le Brésil, souleva lui aussi la Coupe du monde malgré son 1,69 m.

Enfin, chez les Bleus, on se souvient qu’Alain Giresse (1,63 m) formait avec Michel Platini, Jean Tigana et Luis Fernandez le carré magique au sein de l’équipe de France championne d’Europe en 1984.

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