Sexe et alcool : les étudiants US se lâchent lors du Spring Break

Entre février et avril, les étudiants américains s'offrent une semaine de débauche au soleil. C'est le Spring Break, des vacances où tout est permis.
148

Puritanisme d’un côté, pétage de plombs de l’autre. On ne le découvre pas, les Etats-Unis sont bourrés de paradoxes. Le Spring Break en est l’illustration, qui voit chaque année entre fin février et avril les étudiants américains vider leurs universités pour prendre d’assaut quelque spot très en vue, où l’espace d’une semaine tout devient permis. Alcool, sexe, drogues. Tel est le menu des réjouissances pour les étudiants en goguette.

La Floride, là où tout a commencé

On situe l’origine du Spring Break au mitan des années 30, à Fort Lauderdale, surnommée la Venise de l'Amérique. Cette station balnéaire de Floride accueillait chaque année un congrès d’entraîneurs universitaires de natation. Des flots continus de nageurs se précipitaient sur la côte, assoiffés de détente et bientôt d’alcool. Les étudiants reprirent très vite à leur compte cette pratique, assimilée aujourd’hui à un rite de passage.

Tom Cruise s'y est mis aussi

Le Spring Break (littéralement « pause printanière ») fut popularisé en 1960 par le film Where the boys are , qui connut un beau succès auprès du public. Le film narrait les aventures sentimentales de quatre jeunes filles américaines lors d’un séjour en Floride à l’occasion du Spring Break. En 1983, le grand écran produisit également Spring Break , à l’affiche duquel apparaissait le juvénile Tom Cruise. D'autres films ont depuis exploité la même veine.

Cancun et ses 200 bars attirent la clientèle

Véritable phénomène de société aux Etats-Unis, le Spring Break est devenu au fil des ans un enjeu économique de poids pour différentes stations balnéaires. Les étudiants s’accordent de préférence pour choisir des sites baignés de soleil : Acapulco, Puntacana, Tijuana et Cancun, où l’on répertorie près de 200 bars, comptent au nombre de leurs destinations favorites. Même s'il faut mettre la main à la poche, le Mexique a la cote.

« 30 heures d'alcool à la suite »

Nombre d’agences de voyage proposent désormais des séjours clé en main. Sur place, hôtels, bars et boîtes de nuit jouent le jeu, en proposant soirées thématiques et opérations spéciales. Il y a quelques années, un bar de Cancun organisa « les 30 heures d’alcool à la suite ». L’industrie de l’alcool n’est pas en reste : des marques de bière sponsorisent soirées et concours sur la plage, qui rythment les séjours des étudiants. De quoi faire passer les concours de t-shirts mouillés pour d’aimables kermesses de province.

L'industrie du X a flairé le filon

Le Spring Break inspire les internautes. De nombreux sites de partage d’images témoignent des beuveries auxquelles s’adonnent les étudiants. L’industrie du X a flairé le filon, qui profite de cette atmosphère de débauche pour vendre sous le manteau des vidéos de coucheries, plus ou moins scénarisées.

Un collier = un décolleté

Car le sexe est évidemment un élément pivot du Spring Break. Une de ses coutumes veut que les garçons arborent en soirée plusieurs colliers multicolores qu’ils remettent ensuite aux filles qui acceptent de dévoiler leur décolleté. C’est à qui, en fin de nuit, aura collectionné le plus de colliers.

Du sexe facile contre des bières

Dans sa BD No sex in New York , le dessinateur Riad Sattouf, par ailleurs auteur de la Vie secrète des jeunes , va plus loin dans le portrait qu’il dresse du Spring Break par la voix de l’un de ses personnages. Libidineux à souhait, celui-ci raconte comment il a obtenu du « sexe facile » lors d’un Spring Break en échange de quelques caisses de bières apportées dans les chambres d’hôtel des filles. Pour qui souhaite en savoir plus sur les mœurs enjouées des étudiants américains, on conseillera également la lecture de Moi, Charlotte Simmons , le roman-fleuve du toujours très piquant Tom Wolfe (2006, Robert Laffont).

Le Spring Break débarque en France

Le concept de Spring Break s’est depuis quelques années exporté en Europe, des tours-opérateurs proposant aux étudiants des vacances pas chères et festives. Un reportage diffusé en 2008 dans l’émission Zone Interdite sur M6 suivait ainsi le séjour d’une bande de Français partis en Espagne, à Lloret de Mar, pour 205 euros la semaine. Le tarif comprenait le voyage en car, la réservation d’hôtel, le snack sur place et bien sûr l’open bar durant toute la semaine. L’un des participants à qui était demandé ce qui l’avait motivé pour ces vacances répondit, satisfait : « Sea, sex and sun ». On ne saurait mieux résumer l’esprit du Spring Break.

Sur le même sujet